Pierre Corneille

Biographie de Pierre Corneille

Pierre Corneille (1606-1684) est, avec Jean Racine, un des principaux représentants de la tragédie classique française. Une certaine concurrence s’instaure d’ailleurs entre les deux auteurs : Racine fait figure de jeune premier supplantant un Corneille vieillissant sur son propre terrain, notamment en sortant sa Bérénice en même temps que le Tite et Bérénice de Corneille.

En plus de nombreuses tragédies et tragicomédies, de rares comédies et de quelques traductions de textes pieux, Corneille produit également au cours de sa longue carrière plusieurs écrits théoriques dont les plus connus sont les Trois Discours sur le poème dramatique. Son système dramatique, rigoureusement réfléchi, s’articule autour d’un postulat : l’action doit être illustre (issue d’une légende ou d’un épisode historique fameux), extraordinaire (dont le concours de circonstances semble presque invraisemblable) et sérieuse (traitant d’affaires d’état ou de passions nobles comme la vengeance ou l’ambition). Il connait la consécration de son vivant, ce qui pousse d’ailleurs Richelieu à l’admettre à l’Académie française. La postérité l’a surtout retenu pour Le Cid, une tragicomédie.

Corneille est un homme contrasté. Éloquent dans ses tragédies, il ne l’est pourtant pas au quotidien. Au contraire, on le qualifie de bourgeois timide et peu enclin à briller en société.

Citations de Pierre Corneille

  • « Ô rage ! ô désespoir ! ô vieillesse ennemie !
    N’ ai-je donc tant vécu que pour cette infamie ?
    Et ne suis-je blanchi dans les travaux guerriers
    Que pour voir en un jour flétrir tant de lauriers ?
    Mon bras qu’avec respect tout l’Espagne admire,
    Mon bras, qui tant de fois a sauvé cet empire,
    Tant de fois affermi le trône de son roi,
    Trahit donc ma querelle, et ne fait rien pour moi ? » (Le Cid)
  • « Sire, délivrez-moi par un heureux trépas
    Des crimes de l’aimer et de ne l’aimer pas » (Horace)
  • « MÉLISSE
    Porte-lui mon portrait, et comme sans dessein
    Fais qu’il puisse aisément le surprendre en ton sein.
    Feins lors pour le ravoir un déplaisir extrême,
    S’il le rend, c’en est fait ; s’il le retient, il m’aime. » (Le Menteur)
  • « Pleurez l’autre, pleurez l’irréparable affront
    Que sa fuite honteuse imprime à notre front ;
    Pleurez le déshonneur de toute notre race
    Et l’opprobre éternel qu’il laisse au nom d’Horace.
    Que vouliez-vous qu’il fît contre trois ? – Qu’il mourût,
    Ou qu’un beau désespoir alors le secourût.» (Cinna)
  • « Si le ciel en naissant ne m’a fait grand seigneur, il m’a fait le cœur ferme et sensible à l’honneur, et je suis homme à rendre un jour ce qu’on me prête. » (L’Illusion comique)
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