Jean Racine

Biographie de Jean Racine

Jean Racine (1639-1699), tout comme Pierre Corneille juste avant lui, est une figure majeure de la tragédie classique française au XVIIe siècle.

Après avoir bénéficié d’une éducation poussée à l’abbaye de Port-Royal, il s’installe à Paris où, à partir de 1663, il est admis à la cour de Louis XIV et mène une brillante carrière de dramaturge. Auteur de 11 tragédies, il use de son génie pour dépeindre la passion sous toutes ses facettes les plus dévastatrices. À la fois puissante et inévitable, elle semble être une malédiction pour tous ceux qui la connaissent, tant la notion de fatalité y est forte. Amours impossibles, décors antiques et héros universels participent au succès du dramaturge qui empreinte au jansénisme sa vision austère. Par ailleurs, la simplicité avec laquelle il traite de l’action rompt avec la profondeur des sentiments et le drame intérieur des personnages motivés par des passions irrésistibles.

Les pièces de Racine s’inspirent de la mythologie grecque (Andromaque), de l’histoire romaine (Britannicus) ou de l’histoire chrétienne (Athalie).

Citations de Jean Racine

  • « Si je vous aime ? O dieux ! mes serments, mes parjures,
    Ma fuite, mon retour, mes respects, mes injures,
    Mon désespoir, mes yeux de pleurs toujours noyés,
    Quels témoins croirez-vous si vous ne les croyez ? » (Andromaque)
  • « TITUS
    Hélas ! vous pouvez tout, Madame : demeurez,
    Je n’y résiste point. Mais je sens ma faiblesse :
    Il faudra vous combattre et vous craindre sans cesse,
    Et sans cesse veiller à retenir mes pas,
    Que vers vous à toute heure entraînent vos appas.
    Que dis-je ? En ce moment mon cœur, hors de lui-même,
    S’oublie, et se souvient seulement qu’il vous aime. » (Bérénice)
  • « PHÈDRE
    J’ai voulu te paraître odieuse, inhumaine.
    Pour mieux te résister, j’ai recherché ta haine.
    De quoi m’ont profité mes inutiles soins ?
    Tu me haïssais plus, je ne t’aimais pas moins. » (Phèdre)
  • « J’embrasse mon rival, mais c’est pour l’étouffer ! » (Britannicus)
  • « Mon père, cessez de vous troublez, vous n’êtes point trahi.
    Quand vous commanderez, vous serez obéi.
    Ma vie est votre bien. Vous voulez le reprendre :
    Vos ordres sans détour pouvaient se faire entendre.
    D’un œil aussi content, d’un cœur aussi soumis
    Que j’acceptais l’époux que vous m’aviez promis,
    Je saurais, s’il le faut, victime obéissante,
    Tendre au fer de Calchas une tête innocente,
    Et respectant le coup par vous-même ordonné,
    Vous rendre tout le sang que vous m’avez donné. » (Iphigénie)
Voir une image de l'auteur