Analyse du livre :  Une femme

Analyse du livre

Une femme

Auteur : Annie Ernaux

Analyse de : Natacha Cerf

4/5 (1 avis)

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Extrait de l'analyse du livre Une femme
Structure de cette analyse du livre
  • Introduction (1 pages)

    Annie Ernaux, Écrivaine française
    Une femme, De la déchirure sociale

  • Résumé d’Une femme (3 pages)

    L’histoire d’Une femme résumée en plusieurs parties

  • Personnages principaux (3 pages)

    Une analyse de la mère et de la narratrice

  • Clés de lecture (4 pages)

    Annie Ernaux, une « transfuge de classe » ; La déchirure sociale ; L’autosociobiographie ; Une écriture « plate » ; Le rapport à la sociologie ; Une visée politique

  • Autres pistes de réflexion (1 pages)

    Quelques questions pour compléter votre analyse d’Une femme d’Annie Ernaux

Que puis-je trouver dans cette analyse sur "Une femme"

Rédigée par Natacha Cerf, maitre en philosophie, l’analyse littéraire portant sur Une femme a pour but d’enrichir la réflexion des passionnés de littérature et les étudiants qui décident d’entamer cette œuvre « à la jointure du familial et du social, du mythe et de l’histoire », comme l’explique l’auteure elle-même.

À la fois claire et accessible, la fiche de lecture dresse un résumé complet du roman, puis se penche sur les deux personnages principaux, à savoir la narratrice, Annie Ernaux, et sa mère, dont le prénom est passé sous silence. Ensuite, les clés de lecture abordent le genre de l’ouvrage, à la fois biographie, autobiographie et témoignage sociologique, ainsi que la peinture des milieux populaires. L’écriture « plate » et sans artifices de l’écrivaine fait également l’objet d’un commentaire. Les pistes de réflexion, quant à elles, vous permettront de poursuivre votre étude de l’œuvre.

A propos du livre "Une femme"

Publié pour la première fois en 1987, Une femme est le quatrième roman de l'auteure française Annie Ernaux. Inspiré de sa vie personnelle, le roman d'Annie Ernaux est centré sur la relation qu'entretenait la narratrice avec sa mère avant le décès de cette dernière.

Atteinte de la maladie d'Alzheimer, la mère d'Annie Ernaux est décédée à la maison de retraite de l'hôpital de Pontoise. Bouleversée, l'écrivaine décide alors d'écrire un roman afin de retracer l'existence de sa mère et de mieux la redécouvrir. La narratrice d'Une femme débute son récit dès la naissance de la mère, en 1906 à Yvetot. L'enfance de cette dernière est caractérisée par la faim, la misère et la pauvreté. Elle arrête de fréquenter l'école dès l'âge de douze ans et commence alors une carrière d'ouvrière. Depuis toujours, la mère d'Annie Ernaux rêve de mettre fin à sa condition sociale dite inférieure. Une femme raconte alors comment ce rêve est devenu le combat de toute une vie.

Le roman Une femme peut être considéré comme allant de pair avec le troisième roman d'Annie Ernaux intitulé La Place (1983). En effet, l'auteur a décidé d'écrire ce roman suite au décès de son père. Elle y retrace la vie de ce dernier, depuis sa naissance jusqu'à sa mort, comme elle le fait pour sa mère dans Une femme.

Annie Ernaux

Née Annie Dechesne, cette écrivaine et professeur de lettres françaises est née le 1er septembre 1940 en Seine-Maritime. Issue d’un milieu social modeste et fille de parents commerçants, elle a passé son enfance en Normandie avant de poursuivre ses études à l’université de Rouen, puis de Bordeaux. Devenue enseignante, elle dispense ses cours dans différents collèges et lycées avant d’accepter un poste au Centre national d’enseignement à distance.

Annie Ernaux se lance dans la littérature en 1974 avec la publication de son premier roman autobiographique, un genre qu’elle conservera pour toute l’étendue de son œuvre littéraire, intitulé Les Armoires vides. L’histoire retrace l’enfance normande de l’auteure et introduit des thèmes qui deviendront récurrents dans ses prochains romans comme la figure maternelle, mais aussi celle du père ou encore la césure entre le monde modeste ouvrier dans lequel elle a grandi et celui, plus bourgeois, qu’elle côtoie en raison de ses études. Ce premier est aussi l’occasion pour Annie Ernaux de présenter son style épuré qu’elle veut objectif et dénué de toute tendance romanesque. Fortement influencée par la sociologie, on en retrouve les saveurs dans la plupart de ses ouvrages qui sont pour l’écrivaine française le moyen de raconter au monde sa propre existence et de « sauver quelque chose du temps où l’on ne sera plus jamais ». Chacun de ses romans raconte un épisode marquant ou une personne déterminante de son existence. Si elle dédie La Femme à sa mère disparue et évoque la maladie d’Alzheimer dont cette dernière souffrait dans Je ne suis pas sortie de ma nuit, elle n’hésite pas à aborder des sujets plus personnels tels que sa propre sexualité dans Passion simple ou encore l’avortement qu’elle a subi dans L’Événement.

Si elle est admirée et adulée par le milieu universitaire, dont les œuvres font fréquemment l’objet de thèses, la critique littéraire se fait parfois plus cinglante. Toutefois, Les Années, une fresque sociale qui débute au lendemain de la Seconde Guerre mondiale et qui mêle les descriptions du contexte historique de l’époque et le récit de la propre vie de l’auteur, fait l’unanimité dans la presse littéraire. Le roman, publié en 2008 aux éditions Gallimard, sera d’ailleurs récompensé du prix Marguerite-Duras et du prix François-Mauriac. La même année, Annie Ernaux se voit décerner le prix de la langue française pour l’ensemble de son œuvre.

Également engagée politiquement, l’écrivaine française n’hésite pas à faire connaitre ses opinions politiques et à soutenir ouvertement Jean-François Mélanchon lors des présidentielles de 2012. La même année, indignée par la publication d’un texte de Richard Millet de 18 pages faisant l’apologie d’Anders Breivik – Éloge littéraire d’Anders Breivik –, Annie Ernaux rédige une critique virulente dans Le Monde, dans laquelle elle précise que « traiter par le silence et le mépris un texte porteur de menaces pour la cohésion sociale, c’est prendre le risque de se mépriser soi-même plus tard. »

Annie Ernaux, en adoptant une démarche littéraire fortement empreinte de sociologie, a complètement redéfini le genre de l’autobiographie et apporté un vent de nouveauté et de fraicheur à la littérature française.

Informations techniques

ISBN papier : 9782806212436

ISBN numérique : 9782806220745

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