Stendhal

Biographie de Stendhal

Henri Beyle, que la postérité retient sous le pseudonyme Stendhal, nait à Grenoble en 1783 dans une famille bourgeoise. De son enfance, il rapporte ne garder que de mauvais souvenirs. À Paris, sous le Directoire, les débats d’idées le passionnent et aiguisent son esprit critique. Rejoignant l’armée de Bonaparte, il découvre l’Italie et l’Allemagne grâce aux campagnes militaires. Après la chute de Napoléon (1815), il s’installe Milan, ville qu’il considère comme sa véritable patrie, et s’essaie à la critique d’art. Il y compose des ouvrages touristiques qu’il signe de son pseudonyme (Rome, Naples et Florence, 1817).

Après un retour forcé à Paris, il quitte à nouveau la France dès 1830 pour rejoindre Trieste, puis à Civitavecchia. Il y complète ses romans majeurs (Le Rouge et le Noir, La Chartreuse de Parme) et une autobiographie (Vie d’Henry Brulard). Une crise d’apoplexie le terrasse en mars 1841 à Paris. Il meurt l’année suivante, laissant nombre de manuscrits inachevés.

Doté d’une sensibilité romantique, relativement éloignée de celles de Chateaubriand ou de Lamartine, il développe dans ses romans les thématiques de l’amour, de la gloire et de la générosité. Ses personnages, tels des épicuriens passionnés, font quant à eux preuve d’un certain individualisme dans leur quête du bonheur. Le style de Stendhal est incisif et épuré, révélant ses jugements de valeur.

Citations de Stendhal

  • « Les vraies passions sont égoïstes. » (Le Rouge et le Noir)
  • « Les cœurs italiens sont, beaucoup plus que les nôtres, tourmentés par les soupçons et par les idées folles que leur présente une imagination brûlante, mais en revanche leurs joies sont bien plus intenses et durent plus longtemps. » (La Chartreuse de Parmes)
  • « Au milieu de la nuit, Vanina vint le voir ; il lui dit l’incertitude où il venait d’être plongé, et la discussion à laquelle, parce qu’il l’aimait, il avait livré ce grand mot de "patrie". Vanina était heureuse. "S’il devait choisir absolument entre la patrie et moi, se disait-elle, j’aurais la préférence". » (Vanina Vanini)
  • « Julien, debout sur son grand rocher regardait le ciel, embrasé par un soleil d’août. Les cigales chantaient dans le champ au-dessous du rocher ; quand elles se taisaient tout était silence autour de lui. Il voyait à ses pieds vingt lieux de pays. Quelque épervier parti des grandes roches au-dessus de sa tête était aperçu par lui, de temps à autre, décrivant en silence ses cercles immenses. L’œil de Julien suivait machinalement l’oiseau de proie. Ses mouvements tranquilles et puissants le frappaient, il enviait cette force, il enviait cet isolement. C’était la destinée de Napoléon, serait-ce un jour la sienne ? » (Le Rouge et le Noir)
  • « L’imagination est touchée par le son lointain de la cloche de quelque petit village caché sous les arbres : ces sons portés sur les eaux qui les adoucissent prennent une teinte de douce mélancolie et de résignation, et semblent dire à l’homme : la vie s’enfuit, ne te montre donc point si difficile envers le bonheur qui se présente, hâte-toi de jouir. » (La Chartreuse de Parmes)
Voir une image de l'auteur