Marguerite Duras

Biographie de Marguerite Duras

Née à Saigon, en Indochine française, et morte à Paris, Marguerite Duras (1914-1996), de son vrai nom Marguerite Donnadieu, est classée, par certains et contre sa volonté, dans la catégorie des « nouveaux romanciers ».

Forte d’un riche parcours universitaire, Duras s’engage dans la résistance lors la Seconde Guerre mondiale. Son premier roman, Les Impudents, voit le jour au cours de cette période : bien que balbutiante, son écriture y dévoile déjà de sa superbe à venir. Souvent contestée, la romancière commence à se faire connaitre du public en 1950 avec son roman Un barrage contre le Pacifique, que suivra une œuvre prolifique et fortement inspirée par sa vie intense. Ce n’est cependant qu’avec L’Amant (1984) qu’elle sera véritablement encensée par la critique (prix Goncourt).

Rompant avec les conventions, Marguerite Duras marque son époque en insufflant de la modernité dans les domaines de la littérature, du théâtre (Le Square, Savannah Boy) et du cinéma (Hiroshima mon amour d’Alain Resnais, India Song, Le Camion).

Citations de Marguerite Duras

  • « Il pleure souvent parce qu’il ne trouve pas la force d’aimer au-delà de la peur. » (L’Amant)
  • « Je te rencontre. Je me souviens de toi. Cette ville était faite à la taille de l’amour. Tu étais fait à la taille de mon corps même. Qui es-tu ? Tu me tues. J’avais faim. Faim d’infidélités, d’adultères, de mensonges et de mourir. Depuis toujours. Je me doutais bien qu’un jour tu me tomberais dessus. Je t’attendais dans une impatience sans borne, calme. Dévore-moi. Déforme-moi à ton image afin qu’aucun autre, après toi, ne comprenne plus du tout le pourquoi de tant de désir. Nous allons rester seuls, mon amour. La nuit ne va pas finir. Le jour ne se lèvera plus sur personne. Jamais. Jamais plus. Enfin. Tu me tues. Tu me fais du bien. Nous pleurerons le jour défunt avec conscience et bonne volonté. Nous n’aurons plus rien d’autre à faire, plus rien que pleurer le jour défunt. Du temps passera. Du temps seulement. Et du temps va venir. Du temps viendra. Où nous ne saurons plus du tout nommer ce qui nous unira. Le nom s’en effacera peu à peu de notre mémoire. Puis, il disparaîtra tout à fait. » (Hiroshima mon amour)
  • « Pourtant, il était intelligent. Mais l’intelligence a ses habitudes de pensées qui l’empêchent d’apercevoir ses propres conditions. » (Un barrage contre le Pacifique)
  • « Elle [Lol] donnait l’impression d’endurer dans un ennui tranquille une personne qu’elle se devait de paraître, mais dont elle perdait la mémoire à la moindre occasion. Gloire de douceur mais aussi d’indifférence. » (Le Ravissement de Lol V. Stein)
  • « Des années après la guerre, après les mariages, les enfants, les divorces, les livres, il était venu à Paris avec sa femme. Il lui avait téléphoné. C’est moi. Elle l’avait reconnu dès la voix. Il avait dit : je voulais seulement entendre votre voix. Elle avait dit : c’est moi, bonjour. Il était intimidé, il avait peur comme avant. Sa voix tremblait tout à coup. Et avec le tremblement, tout à coup, elle avait retrouvé l’accent de la Chine. Il savait qu’elle avait commencé à écrire des livres, il l’avait su par la mère qu’il avait revue à Saigon. Et aussi pour le petit frère, qu’il avait été triste pour elle. Et puis il n’avait plus su quoi lui dire. Et puis il le lui avait dit. Il lui avait dit que c’était comme avant, qu’il l’aimait encore, qu’il ne pourrait jamais cesser de l’aimer, qu’il l’aimerait jusqu’à sa mort. » (L’Amant)
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