André Breton

Biographie de André Breton

André Breton (1896-1966) fut le chef de file du mouvement surréaliste. Après des études médicales, il s’initie à la psychanalyse et à l’écriture automatique. Il soutient d’abord le dadaïsme, puis crée son propre mouvement en rédigeant le Manifeste du Surréalisme (1924). Y sont déjà esquissées les définitions de ce qui représenterait l’essence même du jeune mouvement : l’écriture automatique et le compte-rendu des rêves. Il rejoint le parti communiste, puis se retrouve à nouveau en position de désaccord idéologique et littéraire, et écrit un Second Manifeste du Surréalisme (1930). Les surréalistes, tels que Louis Aragon et Paul Éluard, partagent avec André Breton une certaine volonté d’expérimentation ainsi qu’une idée de révolte, pourtant force est de constater que le groupe se désagrège rapidement tant les visions et les parcours empruntés divergent.

Il se marie à Simone Kahn, puis rencontre Nadja, héroïne de l’œuvre éponyme, en 1926. La seconde femme de Breton, avec laquelle il a une fille, Jacqueline Lamba, est au centre de L’Amour Fou (1937). Pendant la Seconde Guerre mondiale, il s’exile à New York où il rencontre Élisa, qui lui inspire la méditation d’Arcane 17 (1945).

Citations de André Breton

  • « Qui est la vraie Nadja, de celle qui m’assure avoir erré toute une nuit avec un archéologue dans la forêt de Fontainebleau, à la recherche de je ne sais quel vestige de pierre que, se dira-t-on, il était bien temps de découvrir pendant le jour – mais si c’était la passion de cet homme ! – Je veux dire de la créature toujours inspirée et inspirante qui n’aimait qu’être dans la rue, pour elle seul champ d’expérience valable, dans la rue, à portée d’interrogation de tout être humain lancé sur une grande chimère ou (pourquoi ne pas le reconnaître ?) de celle qui tombait parfois, parce qu’enfin d’autres s’étaient vus autorisés à lui adresser la parole, n’avaient su voir en elle que la plus pauvre de toutes les femmes et de toutes la plus mal défendue ? » (Nadja)
  • « Il lit en lui à livre ouvert et ne fait rien pour retenir les feuillets qui s’envolent au vent de sa vie. » (Le Manifeste du surréalisme)
  • « C’est vivre et cesser de vivre qui sont des solutions imaginaires. L’existence est ailleurs. » (Le Manifeste du surréalisme)
  • « Le sexe de l’homme et celui de la femme ne sont aimantés vers l’autre que moyennant l’introduction entre eux d’une trame d’incertitudes sans cesse renaissantes, vrai lâcher d’oiseaux mouches qui seraient allés se faire lisser les plumes jusqu’en enfer. » (L’Amour fou)
  • « Dans le rêve d’Elisa, cette vieille gitane qui voulait m’embrasser et que je fuyais, mais c’était l’île Bonaventure, un des plus grands sanctuaires d’oiseaux de mer qui soient au monde. Nous en avions fait le tour le matin même, par temps couvert, sur un bateau de pêche toutes voiles dehors et nous étions plu, au départ, à l’arrangement tout fortuit, mais à la Hogarth, des flotteurs faits d’un baril jaune ou rouge, dont le fond s’ornait au pinceau de signes d’apparence cabalistique, baril surmonté d’une haute tige au sommet de laquelle flottait un drapeau noir (le rêve s’est sans doute emparé de ces engins, groupés en faisceaux irréguliers sur le pont, pour vêtir la bohémienne). » (Arcane 17)
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