À propos de cette analyse
Le premier roman de Victoria Mas, Le Bal des folles, paru aux éditions Albin Michel en 2019, a été salué par la critique et a reçu le prix Renaudot des lycéens le 14 novembre 2019. C’est un roman fictionnel qui s’inscrit dans le contexte historique de l’hôpital de la Salpêtrière à Paris et du service du docteur Charcot à la fin du xixe siècle.
L’analyse du roman vous entrainera à travers les méandres de ce bâtiment historique et des vies de ses pensionnaires aliénées. Victoria Mas nous offre dans ce roman une réelle danse des mots qui met en scène des robes délacées, des châles tricotés, des chemises de nuit errantes, mais aussi des âmes esseulées, des voix oubliées, des vies humiliées et condamnées. L’analyse va retracer le destin de ces femmes victimes d’une société masculine qui aliène toutes celles qui dérangent l’ordre établi. Parmi elles, Geneviève, intendante dévouée corps et âme au Docteur Charcot, endeuillée par la mort de sa jeune sœur ; Louise, une jeune fille abusée par son oncle ; Thérèse, une prostituée au grand cœur ; et enfin Eugénie qui, parce qu’elle dialogue avec les morts, sera internée par sa famille. Nous sommes en 1885 et Le Bal des folles met en scène la préparation du fameux bal qui a lieu chaque année à la Mi-Carême dans le service du docteur Charcot à la Salpêtrière à Paris. Parmi les séances publiques, telles que les séances d’hypnose, que Charcot expérimente sur ses femmes, ce bal n’est autre qu’une de ses expériences. Le temps d’un soir, deux mondes opposés, celui du haut Paris et celui de ces folles se mélangeront.
C’est un véritable hymne à la liberté pour toutes les femmes que le xixe siècle a essayé de faire taire.
À travers ce roman, nous analyserons trois clés de lecture autour de la condition féminine au xixe siècle, du contexte des recherches scientifiques et psychiatriques, mais aussi du rapport au monde invisible avec les débuts du mouvement spirite.
Le roman met en exergue le terreau de beaucoup de certitudes héritées du passé et l’analyse du Bal des folles de Victoria Mas nous invite à déconstruire ces idées reçues et à nous confronter à de nombreuses questions :
Quel pouvoir attribue-t-on à la science ? Comment se fier à la médecine sans perdre de vue son jugement propre ?
En quoi la place de la femme à la fin du xixe siècle fait-elle écho au combat féministe et aux revendications sur la place de la femme dans le monde d’aujourd’hui ?
Le monde psychiatrique a toujours suscité beaucoup de fantasme et de voyeurisme. Dans le Bal des folles, le nom d’Augustine (patiente atteinte d’hystérie sévère qui a existé et entretenu des liens étroits avec le docteur Charcot à la fin du xixe siècle) est évoqué. La jeune Louise, sujet de prédilection des séances d’hypnose en public, en a fait son égérie. Il en est question dans le film Augustine d’Alice Winocour, sorti en 2012 avec la chanteuse Soko dans le rôle d’Augustine et Vincent Lindon dans le rôle du docteur Charcot. La relation controversée et douteuse de cette patiente et de son docteur y est abordée ainsi que les séances publiques d’hypnose et différentes recherches psychiatriques du docteur Charcot.
L’adaptation au cinéma du Bal des folles par et avec la réalisatrice, Mélanie Thierry dans le rôle de Geneviève, Lou de Lâage dans le rôle d’Eugénie, Grégoire Bonnet dans le rôle de Jean-Martin Charcot est sortie le 17 septembre 2021 en France.
À travers ce premier roman, Victoria Mas relate les évènements du mois qui précède le 18 mars 1885, jour auquel aura lieu le Bal des folles. Chaque année, à la Mi-Carême, se tient, à la Salpêtrière, hôpital psychiatrique pour femmes, le très mondain Bal des folles. Le temps d’un soir, le Tout-Paris bourgeois s’encanaille en compagnie des internées, déguisées en colombines, gitanes, zouaves et autres danseuses espagnoles. Ce bal est l’une des expériences du célèbre neurologue, le docteur Charcot, adepte de l’exposition des fous.
Victoria Mas choisit dans son ouvrage de retracer le destin de ces femmes victimes d’une société masculine qui aliène toutes celles qui dérangent l’ordre établi. Parmi elles, Geneviève, intendante dévouée corps et âme au Docteur Charcot ; Louise, une jeune fille abusée par son oncle ; Thérèse, une prostituée au grand cœur ; et enfin Eugénie qui, parce qu’elle dialogue avec les morts, est internée par son père.
Si, comme les personnages, c’est le bal que l’on attend impatiemment, au fil des pages, le lecteur assiste à une réelle danse des mots qui met en scène des robes délacées, des châles tricotés, des chemises de nuit errantes, mais aussi des âmes esseulées, des voix oubliées, des vies humiliées et condamnées. C’est un véritable hymne à la liberté pour toutes les femmes que le xixe siècle a essayé de faire taire.