Maylis de Kerangal

Biographie de Maylis de Kerangal

Maylis de Kerangal est née à Toulon (France) le 16 juin 1967. Elle passe son enfance en Haute-Normandie, au Havre. Après avoir étudié à Paris l’histoire, la philosophie et l’ethnologie, elle commence à travailler pour Gallimard jeunesse en 1991. En 1998, elle décide de reprendre des études en sciences sociales. C’est en 2000 qu’elle publie son premier roman aux éditions Verticales, intitulé Je marche sous un ciel de traîne. Rencontrant un certain succès, la nouvelle écrivaine poursuit son aventure en publiant La Vie voyageuse (2003), Ni fleurs, ni couronnes (2006) et Dans les rapides (2007).

Parallèlement à cette profession littéraire, elle crée les éditions du Baron Perché, maison spécialisée en littérature de jeunesse, et pour laquelle elle travaille jusqu’en 2008. Cette même année, elle remporte le prix Médicis et Femina pour son roman Corniche Kennedy (2008). Les prix littéraires sur succèdent par la suite, puisqu’elle est à nouveau lauréate de plusieurs d’entre eux en 2010 avec son roman Naissance d’un pont, en 2012 pour Tangente vers l’est, et enfin en 2014 pour son œuvre Réparer les vivants. L’auteure s’est également essayée à la littérature pour jeunesse en publiant un album pour enfant en 2011 avec l’illustratrice Alexandra Pichard.

Citations de Maylis de Kerangal

  • « Que deviendra l’amour de Juliette une fois que le cœur de Simon recommencera à battre dans un corps inconnu, que deviendra tout ce qui emplissait ce cœur, ses affects lentement déposés en strates depuis le premier jour ou inoculé ça et là dans un élan d’enthousiasme ou un accès de colère, ses amitiés et ses aversions, ses rancunes, sa véhémence, ses inclinations graves et tendres ? » (Réparer les vivants)
  • « Le silence est tel après le vacarme du train que chaque bruit explose, vit sa vie de bruit, un crissement d’herbe, un froissement de plume, une plaque de terre qui craque, l’écho de leur présence sous le ciel qui se charge en encre, toutes sonorités qui sont comme la dorsale de l’espace, et leurs voix elles aussi sont d’une autre matière. » (Tangente vers l’est)
  • « Les Indiens quand même finissent par se montrer. Depuis le temps. Un beau jour, ils sortent du bois et s’approchent pour voir, se coulent dans les buissons sans même froisser les feuilles, et soudain, se dressent, immenses. Ils sont là, debout près des cabanes, ils sont armés de lances et nus. Ils respirent comme des hommes. Terrorisés, ils foutent eux-mêmes la trouille, on pointe sur eux de lourdes carabines, on leur crie de rester où ils sont, de ne pas faire un pas, de ne pas faire un geste. Ils ne comprennent rien. On les aura prévenus. Des coups de feu claquent, des corps s’effondrent... » (Naissance d’un pont)
  • « Il déchiffre l’affichette placardée sur le mur – lire, il sait, un mot après l’autre, mais toujours il se méfie, la peur de ne pas comprendre ce qui se dit dans les mots. » (Ni fleurs, ni couronnes)
  • « On les entend venir de loin, lancés sur leur bolide, ils ralentissent dans le virage, accélèrent en fin de courbe, blindent sur cinquante mètres, freinent à mort à hauteur du panneau, alors dérapage contrôlé, pneus qui crissent, hop sur le trottoir, vroum vroum, reprise de moteur deux ou trois fois d’un coup de poignet viril et ils coupent tout – des p’tits cons. » (Corniche Kennedy)
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