Denis Diderot

Biographie de Denis Diderot

Denis Diderot est sans doute l’une des figures les plus représentatives du siècle des Lumières. Philosophe, encyclopédiste et écrivain français, il nait le 5 octobre 1713 à Langres dans une famille bourgeoise. Durant sa jeunesse, il suit des cours au collège jésuite. Ses parents envisageant pour lui une carrière ecclésiastique, il se fait prêtre de Langres en 1726. En 1728, il part achever ses études à Paris où il suit des cours de théologie et de philosophie à la Sorbonne. Il obtient son diplôme en 1735. Les années suivantes sont difficiles financièrement. Il abandonne sa carrière ecclésiastique au profit du droit et devient clerc auprès du procureur. Il s’intéresse au théâtre, à la physique et aux mathématiques, apprend l’anglais et écrit ses premiers articles pour le Mercure de France. C’est également à cette époque qu’il rencontre Jean-Jacques Rousseau (1712-1778) avec qui il se lie d’amitié.

En 1743, il épouse secrètement Anne-Antoinette Champion suite au refus du père de l’écrivain. Cette union sera marquée par de nombreuses infidélités. Sa carrière littéraire débute véritablement cette année-là grâce à ses traductions de The Grecian History de Temple Stanyan, puis, de An Inquiry Concerning Virtue or Merit de Shaftesbury, augmentée de ses réflexions personnelles et publiée en 1745 sous le titre Essai sur le mérite et la vertu. Cet ouvrage témoigne du l’évolution de Diderot de la foi chrétienne vers le déisme. L’année suivante, il publie anonymement sa première œuvre personnelle, Pensées philosophiques, recueil d’aphorismes. En 1749, il parait son essai Lettre sur les aveugles à l’usage de ceux qui voient dans lequel il Diderot expose clairement sa vision matérialiste et évoque son athéisme. Jugé dangereux, il est arrêté et incarcéré durant trois mois au château de Vincennes.

Son œuvre la plus colossale et sans doute la plus connue est L’Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers publiée de 1751 à 1772. Cette aventure commence en 1747, avec la traduction en français de la Cyclopædia d’Ephraïm Chambers, datant de 1728. Cependant, Diderot en fera le travail de toute sa vie. Pour réaliser son projet, il est aidé par d’Alembert, mathématicien et philosophe français ainsi que par des membres de la « société des gens de lettres ». Première encyclopédie française, elle constitue un ouvrage majeur du XVIIIe siècle et représente le symbole même de l’œuvre des Lumières par sa compilation de tous les savoirs de l’époque.

En 1750, il est nommé à l'Académie Royale des Arts et des lettres de Berlin. En 1769, Friedrich Melchior Grimm lui confie la direction de la revue Correspondances Littéraires dans laquelle il publie de nombreuses critiques ainsi que des articles philosophiques. C’est dans ce journal que parait Jacques le fataliste et son maître, un dialogue philosophique (entre Jacques et son maître) que Diderot écrit de 1765 jusqu'en 1784. Petit à petit, ses idées divergent de celles de son ami Rousseau jusqu’à la rupture en 1770. Les deux hommes développent par la suite une certaine rancœur et stoppent toute relation.

En 1773, invité par l’impératrice Catherine II, Diderot effectue un voyage de 18 mois à Saint-Pétersbourg, durant lequel il séjourne à deux reprises en Hollande. À son retour, sa santé se dégrade et il décède le 31 juillet 1784. Il est inhumé à l’église Saint-Roch, dans la chapelle de la Vierge, mais sa tombe est profanée lors de la Révolution et  sa dépouille disparait. Mal reçu à son époque, Diderot doit attendre la postérité pour que son œuvre soit reconnue à sa juste valeur.

Citations de Denis Diderot

« J’entends crier de toute part à l’impiété. Le chrétien est impie en Asie, le musulman en Europe, le papiste à Londres, le calviniste à Paris, le janséniste au haut de la rue Saint-Jacques, le moliniste au fond du faubourg Saint-Médard. Qu’est-ce donc qu’un impie ? Tout le monde l’est-il, ou personne ? » (Pensées philosophiques)

« Sais-tu qui sont les mauvais pères ? Ce sont ceux qui ont oublié les fautes de leur jeunesse. » (Jacques le fataliste et son maître)

« Le même mal vient, ou de Dieu qui nous éprouve, ou du diable qui nous tente. » (La Religieuse)

« Elle disait plaisamment de la religion et des lois, que c'était une paire de béquilles qu'il ne fallait pas ôter à ceux qui avaient les jambes faibles. » (Jacques le fataliste et son maître)

« Pourrir sous du marbre, pourrir sous de la terre, c’est toujours pourrir. » (Le Neveu de Rameau)

« On a vu plusieurs fois l'homme des villes se dépouiller et rentrer dans la forêt, et on n'a jamais vu l'homme de la forêt se vêtir et s'établir dans la ville. » (Supplément au voyage de Bougainville)

« Aucun homme n'a reçu de la nature le droit de commander aux autres. La liberté est un présent du ciel, et chaque individu de la même espèce a le droit d'en jouir aussitôt qu'il jouit de la raison. » (Encyclopédie, article « Autorité politique» )

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