Boris Vian

Biographie de Boris Vian

Écrivain français (1920-1959), Boris Vian a laissé une œuvre très variée : romans, poèmes (Je voudrais pas crever, 1962), chansons (Le déserteur), comédies musicales, adaptations théâtrales de ses romans, scénarios de films, opéras. Il était aussi musicien de jazz. Son premier roman célèbre, J’irai cracher sur vos tombes (publié en 1946 sous le pseudonyme de Vernon Sullivan), sera le bestseller de 1947, avant d’être interdit et condamné pour outrage aux mœurs. La même année paraissent L’Écume des jours et L’Automne à Pékin. L’Arrache-Cœur sort en 1953.

Boris Vian est mort à 39 ans, peu apprécié pour sa plume de son vivant. Son gout pour la provocation donnera pourtant à son œuvre un nouveau succès dans les années 60-70 (mai 68). Modernes, ses textes ne se démodent pas. Sa fantaisie verbale, surtout, a marqué la littérature française : entre jeux de mots et déconstructions des expressions et du langage, son style indépendant interpelle et ne laisse pas indifférent. Il fait désormais partie des classiques au programme des lycées et des collèges.

Citations de Boris Vian

  • « L’histoire est entièrement vraie puisque je l’ai imaginée d’un bout à l’autre. » (Préface de L’Écume des jours)
  • « Hélas, l’Amérique, pays de Cocagne, est aussi la terre d’élection des puritains, des alcooliques, et de l’enfoncez-vous-bien-ça-dans-la-tête : et si l’on s’efforce en France à plus d’originalité, on n’éprouve nulle peine, outre-Atlantique, à exploiter sans vergogne une formule qui a fait ses preuves. Ma foi, c’est une façon comme une autre de vendre sa salade. » (J’irai cracher sur vos tombes)
  • « Maintenant, les feuilles des arbres étaient grandes et les maisons quittaient leur teinte pâle pour se nuancer d’un vert effacé avant d’acquérir le beige doux de l’été. Le pavé devenait élastique et souple sous les pas et l’air sentait la framboise. Il faisait encore frais mais on devinait le beau temps derrière les fenêtres aux vitres bleuâtres. Des fleurs vertes et bleues poussaient le long des trottoirs, et la sève serpentait autour de leurs tiges minces avec un léger bruit, humide comme un baiser d’escargots. » (L’Écume des jours)
  • « On a tort de dire les yeux fermés, ferranta le maréchal. On n’a pas les yeux fermés parce qu’on met les paupières devant. Ils sont ouverts dessous. Si vous roulez un rocher dans une porte ouverte, elle n’est pas fermée pour cela ; et la fenêtre non plus d’ailleurs, parce que pour voir de loin c’est pas des yeux qu’on se sert, et, donc vous ne comprenez guère les choses. » (L’Arrache-Cœur)
  • « Je lui ai demandé si elle aimait Jean-Pol Partre, elle m’a dit qu’elle faisait collection de ses œuvres... Alors je lui ai dit "Moi aussi..." et chaque fois que je lui disais quelque chose, elle répondait "Moi aussi...", et vice-versa... Alors, à la fin, juste pour faire une expérience existentialiste, je lui ai dit : – "Je vous aime beaucoup" et elle a dit "Oh !" » (L’Écume des jours)
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