Virginie Despentes

Biographie de Virginie Despentes

Virginie Despentes est née à Nancy le 13 juin 1969. L’adolescence de l’écrivaine en devenir est marqué par deux évènements dramatiques : son internement en hôpital psychiatrique à l’âge de 15 ans et le viol dont elle est victime à 17 ans. Après l’obtention de son baccalauréat, elle ne poursuit pas d’étude et enchaine les petits boulots, tels que femme de ménage, prostituée via le Minitel, vendeuse chez un disquaire, ou encore critique de films pornographiques.

Son premier roman, Baise-moi parait en 1994 chez Florent Massot. À sa sortie, le livre au style « trash » rebute et ne connait pas le succès. Mais lorsqu’il est enfin critiqué et relayé à la télévision par l’animateur Thierry Ardisson, les ventes décollent, permettant ainsi à Virginie Despentes de continuer sa carrière d’écrivaine. Après un second ouvrage intitulé Les Chiennes savantes (1996), elle change d’éditeur pour Grasset. Les Jolies Choses sort alors en 1996 : pour cet ouvrage, l’auteure sera récompensée avec le prix Flore et le prix littéraire Saint-Valentin. Il connait un tel succès qu’il sera d'ailleurs adapté en 2001 au cinéma. Intriguée par cette autre forme d’art, l’écrivaine réalise son premier film tiré de son premier roman – film qui ne fera pas l’unanimité. Elle continue ainsi sur sa voie artistique pendant quelques années, en publiant notamment un roman graphique, des nouvelles, des traductions, des préfaces, des essais, etc. et en réalisant d’autres films, documentaires et clips vidéo.

À l’âge de 35 ans, Virginie Despentes dit être devenue lesbienne, et partage la vie de la philosophe espagnole Beatriz Preciado. King Kong Théorie, un essai autobiographique, est publié en 2006 et revendique la cause féministe. En 2010, elle est lauréate du prix Renaudot pour son roman Apocalypse bébé, toujours publié chez Grasset. Et depuis 2015, elle a entamé la rédaction d’une trilogie intitulée Vernon Subutex. Cette même année, elle est entrée au sein du jury du prix Femina.

Citations de Virginie Despentes

  • « C’est le problème, quand les meufs s’enferment dans un dialogue privé avec d’autres meufs, elles arrivent à des conclusions qui échappent à tout bon sens, et qu’on aille pas prétendre qu’il n’y a pas là, au fond, une profonde hostilité envers la libido masculine. » (Vernon Subutex, tome 1)
  • « Je suis furieuse contre une société qui m’a éduquée sans jamais m’apprendre à blesser un homme s’il m’écarte les cuisses de force, alors que cette même société m’a inculqué l’idée que c’était un crime dont je ne devais jamais me remettre. » (King Kong Théorie)
  • « Les Français ont besoin de voir des pauvres qui ne les insultent pas. Ils savent que s’ils montent dans un bus blindé pour s’extasier sur les conditions de vie des pauvres dans leurs banlieues, ils vont se faire brûler le bus. Ca les met dans la détresse : toute cette pauvreté sur laquelle ils pourraient s’attendrir, lâcher une petite pièce et donner leurs vieilles fringues. Mais ces pauvres-là sont méchants. Ca complique les choses, pour la charité chrétienne. » (Apocalypse bébé)
  • « C’est drôle comme les hommes ne pensent pas à être complexés. Ça doit être bien, d’être comme ça, con pour les autres qui doivent se le supporter, mais agréable à vivre. Ne penser qu’à son regard qui se pose et pas penser à la réciproque. » (Les Jolies Choses)
  • « Mec, ce qu’on a pas aimé chez toi, c’est la capote. Ta grave erreur, c’est la capote. On t’a démasqué, mec et t’es qu’un connard à capote. On suit pas des filles qu’on connait pas comme ça, mec. Ça aussi, fallait que tu le comprennes. Faut se méfier. Parce qu’en l’occurrence tu sais sur qui t’es tombé, mec? Sur des putains de tueuses de connard à capote. » (Baise-moi)
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