Pierre-Jean Luizard

Biographie de Pierre-Jean Luizard

Pierre-Jean Luizard est né le 17 novembre 1954 à Paris. Cet historien de formation s’est spécialisé dans l’étude de l’histoire de l’islam – ou des islams – contemporain dans le monde arabe. Il est directeur de recherches au CNRS (Centre National de la Recherche Scientifique) et travaille à la gestion du Groupe Sociétés, Religions, Laïcités. Passionné par le Moyen-Orient, son histoire et sa religion, il y a vécu plusieurs années, notamment en Syrie, au Liban, en Irak, aux Émirats arabes unis, ou encore en Égypte, dans le but de s’y placer en observateur des tendances actuelles de l’islam et d’analyser l’influence de la religion dans la vie de ces pays.

Les sujets principaux de son étude se répartissent en plusieurs thèmes, tels que les sociétés civiles musulmanes, la célébration des figures saintes dans les zones arabe, turque et persane et le chiisme contemporain.

Pierre-Jean Luizard est assez connu du grand public car il est souvent sollicité par les médias en sa qualité d’expert lorsqu’il est question des conflits faisant rage au Moyen-Orient. Il est également l’auteur de plusieurs ouvrages traitant de la question de l’islam : La formation de l’Irak contemporain (2002), La question irakienne (2002), La Vie de l’ayatollah Mahdî al-Khâlisî par son fils (2004), Laïcités autoritaires en terre d’islam (2008), ou encore Comment est né l’Irak moderne ? (2009).

Le spécialiste a en outre collaboré à des ouvrages collectifs. Citons par exemple Arabes et Iraniens (1996), Les transformations de l’autorité religieuse (2004) et Le choc colonial et l’Islam (2006).
Son dernier ouvrage, Le piège Daech, publié en 2015 et consacré à l’histoire de l’État islamique, a connu un grand succès et lui a apporté la même année une récompense : le prix Brienne du livre géopolitique.

Citations de Pierre-Jean Luizard

« Les anciennes puissances mandataires ont beaucoup de mal à assumer leur passé colonial. Beaucoup des idéaux proclamés de la colonisation, et plus particulièrement des mandats, inspirés des Lumières, se sont trouvés en contradiction avec la réalité d’une domination impériale. » (Le piège Daech)

« La politique de communication de l’État islamique repose sur un mélange sophistiqué de publicité sensationnaliste, avec une savante mise en scène des crimes commis, et de secret hermétique, notamment une déconnexion entre la prédication universelle et la divulgation des enjeux locaux, quand bien même ces derniers pourraient aller dans son sens. » (Le piège Daech)

« L’éducation, qui vise bien entendu avant tout à faire de bons musulmans, est présentée comme une priorité par l’État islamique, qui insiste dans ses médias et ses organes de propagande sur la nécessité de rouvrir les écoles et les universités. […] Des disciplines comme la philosophie, l’histoire et les sciences sociales […] sont systématiquement bannies. D’autres, comme le dessin et les arts plastiques, sont également jugées sacrilèges parce que trop portées sur la représentation anthropomorphique. La musique et le sport sont eux aussi prohibés. » (Le piège Daech)

« Majoritairement, les Arabes sunnites, passivement pour les uns, activement pour les autres, acceptent l’État islamique parce qu’il leur permet de reconquérir une visibilité politique, via cette sorte de "label". » (Le piège Daech)

« La stratégie de l’État islamique consiste justement à passer rapidement d’une logique de "labellisation" de circonstance à celle d’une adhésion réelle à un "État de droit islamique", certes étranger aux pratiques occidentales et au droit international, mais qui se veut un État de droit tout de même. » (Le piège Daech)

« L’idée de nation arabe permet à une minorité confessionnelle de s’accaparer le pouvoir, avec des élites qui, au nom de l’arabisme, ne cesseront de traiter la majorité chiite d’Irak comme une minorité. » (Le piège Daech)

« Mais ni les patronymes ni l’accent ne permettent de distinguer un chiite d’un sunnite. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle, à Bagdad, par exemple, on vous demande souvent quel quartier vous habitez : c’est la seule façon d’identifier votre appartenance religieuse. » (Le piège Daech)