Jean Anouilh

Biographie de Jean Anouilh

Jean Anouilh est un écrivain et dramaturge français athée né le 13 juin 1910 à Bordeaux et mort le 3 octobre 1987 à Lausanne, en Suisse. Dès le lycée, Jean Anouilh se découvre une passion pour le théâtre mais c'est une représentation de Siegried de Giraudoux, en 1928, qui le décide à écrire pour le théâtre, une activité qu’il poursuivra durant la guerre et l’occupation allemande (Antigone, en 1942, souleva d’ailleurs une violente polémique quant à la supposée dimension politique de l'oeuvre). À partir de 1961, il s’est davantage tourné vers la mise en scène et a contribué à faire connaitre Beckett et Ionesco. Il s'est également occupé de l'adapation de pièces de théâtre étrangères, notamment plusieurs de Shakespeare.

Les pièces d’Anouilh ont oscillé entre comédie et drame, lui-même les ayant classées en différentes catégories selon leurs thèmes et leur esprit : Pièces roses, Pièces noires, Pièces brillantes, Pièces grinçantes, Pièces costumées, Pièces baroques, Pièces secrètes et Pièces farceuses. Mais ce que l'on retient surtout de son oeuvre théâtrale est que, même dans les comédies, l’humour y est féroce et le cynisme omniprésent : l’œuvre d’Anouilh est donc avant tout empreinte d’un pessimisme profond

Citations de Jean Anouilh

  • « CREON
    C'est la grande faiblesse des hommes de projeter ce qu'ils ont refoulé en eux sur les autres. » (Oedipe ou le Roi boiteux)
  • « LUCIEN
    Mourir, mourir... Mourir, ce n'est rien. Commence donc par vivre. C'est moins drôle, et c'est plus long. » (Roméo et Jeannette)
  • « LADY HURF
    Va, tu finiras comme moi, sous les traits d'une vielle femme couverte de diamants, qui joue aux intrigues pour tâcher d'oublier qu'elle n'a pas vécu. Et encore... Je voudrais rire un peu. Je joue avec le feu et le feu ne veut même pas me brûler. » (Le Bal des voleurs)
  • « LE CHOEUR
    Et voilà. Maintenant le ressort est bandé. Cela n’a plus qu’à se dérouler tout seul. C’est cela qui est commode dans la tragédie. On donne le petit coup de pouce pour que cela démarre, rien, un regard pendant une seconde à une fille qui passe et lève les bras dans la rue, une envie d’honneur un beau matin, au réveil, comme de quelque chose qui se mange, une question de trop qu’on se pose un soir… C’est tout. Après, on n’a plus qu’à laisser faire. On est tranquille. Cela roule tout seul. C’est minutieux, bien huilé depuis toujours. » (Antigone)
  • « LE ROI
    L'amitié est une bête familière, vivante et tendre. Elle ne semble avoir que deux yeux toujours posés sur vous et qui vous réchauffent. On ne voit pas ses dents. Mais c'est une bête qui a une particularité curieuse,c'est quand elle est morte qu'elle mord. » (Becket ou l'Honneur de Dieu)
  • « GASTON
    Un héros, c'est vague aussi en temps de guerre. Le médisant, l'avare, l'envieux, le lâche même étaient condamnés par le règlement à être des héros côte à côte et presque de la même façon. » (Le Voyageur sans bagage)
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