Hédi Kaddour

Biographie de Hédi Kaddour

Hédi Kaddour est né le 1er juillet 1945 à Tunis d’un père tunisien et d’une mère française pied noir. Lorsqu’il est âgé de 12 ans, la famille s’installe en France. C’est là qu’il suit des études de lettres modernes et devient agrégé dans ce domaine ainsi que traducteur dans diverses langues (l’anglais, l’allemand et l’arabe). Il mène une carrière d’enseignant de la littérature française et de la dramaturge à l’École normale supérieure de Lyon et donne également des cours sur l’écriture journalistique dans les formations aux métiers de la presse. Hédi Kaddour travaille aussi comme professeur de littérature à la New York University in France, implantée à Paris.

Il rédige des critiques littéraires pour divers périodiques, tels que Le Monde, Libération et Le Magazine littéraire. Il porte aussi la casquette de rédacteur en chef adjoint de la revue Po&sie.
C’est d’ailleurs grâce à l’art poétique qu’il entre en littérature, publiant de nombreux recueils de poèmes, sept en tout. Le premier, Le Chardon mauve, parait aux éditions Le Temps des cerises en 1987 et les suivants aux éditions Gallimard à partir de 1989. Il commence à rédiger son premier texte en prose, Waltenberg, en 1997. Ce titre parait en 2005 et se voit décerner le prix Goncourt du premier roman. Dans la foulée, ce récit d’aventures et d’espionnage est élu « meilleur roman français de l’année 2005 » par le magazine Lire et reçoit de nombreux éloges de la part des critiques.

Le deuxième roman de Kaddour, Savoir-vivre, est publié en 2010. Cinq ans plus tard, l’écrivain fait paraitre Les Prépondérants, qui reçoit le prix Jean-Freustié et le Grand Prix du roman de l’Académie française, qu’il partage avec Boualem Sansal et son ouvrage 2084. La fin du monde. Ce roman prend place au Maghreb, dans une ville qui rappelle les origines de l’écrivain et s’inscrit dans un univers marqué par l’époque coloniale et le cosmopolitisme.

Certains de ses textes poétiques ont été mis en musique par le compositeur Karol Beffa (né en 1973 à Paris) pour le piano en 1999 et ensuite pour violon et piano en 2008.

Citations de Hédi Kaddour

« Qu’est-ce qui intéresse les femmes ? Justement le fait qu’on ne s’intéresse pas à elles. Jolie formule, tu peux essayer de vivre avec ça. » (Waltenberg)

« C’était un matin d’automne, la première partie de l’automne, celle des fruits mûrs, et du soleil qui ne veut pas sortir de l’été. Peu de temps après le départ de leur train, les branches d’arbres encore très feuillues avaient commencé à se jeter joyeusement sur la vitre du wagon, on avait envie de chanter et la lumière se posait par éclair sur les visages et les avants bras. » (Savoir-vivre)

« Elle supportait de moins en moins le désordre de cet homme, ses rêves de fortune, auxquels il ne croyait même pas, sa capacité à tout vouloir, à ne rien faire, à s’imaginer que le temps devait tout arranger. » (Savoir-vivre)

« Gabrielle pensait que Raouf pourrait faire un bon journaliste, il aime les grands auteurs et les petits détails. » (Les Prépondérants)

« Les hommes ne deviennent dignes que si on les traite avec dignité, et la dignité n’a pas besoin de coups. » (Les Prépondérants)

« "La majeure partie de nos machines à écrire sont encore allemandes [...] Le seul défaut c’est l’absence des voyelles accentuées françaises..." [...] Il mettait les accents sur tous les documents, sa tâche était officielle, elle était répertoriée dans la liste des postes de la nouvelle fonction publique. "Et croyez-moi, c’est une tâche importante, chaque fois que je mets un accent, j'aide au retour de notre chère Alsace dans le giron de la mère patrie !" » (Les Prépondérants)

« Sur le bateau, Raouf était l’un des rares maghrébins à voyager en première classe, et le seul à ne pas porter la djellaba : on le regardait comme une curiosité, un indigène habillé à l’européenne, c’est quelqu’un qui ne joue pas le jeu. » (Les Prépondérants)