Fédor Dostoïevski

Biographie de Fédor Dostoïevski

Né le 30 octobre 1821 à Moscou et décédé le 28 janvier 1881 à Saint-Pétersbourg, Fedor Mikhaïlovitch Dostoïevski est encore à ce jour considéré comme l’un des plus grands écrivains russes de tous les temps.

Fils d’un père médecin, Fedor et sa famille vivent une existence aisée et luxurieuse grâce à la clientèle que s’est constituée leur père. Exerçant à l’hôpital Marie, ce dernier, s’il est respecté pour sa profession, n’hésite pas à distribuer les coups et les injures dès qu’il se met à boire. C’est dans cette atmosphère violente et empreinte de terreur que Fedor grandit, en entendant chaque jour sa pauvre mère supplier son mari et demander grâce. Enfant fragile, Fedor vit mal le départ de sa mère à la campagne lorsqu’il est à peine âgé de neuf ans. Toutefois, les vacances annuelles à Darovoïe, où sa mère s’est retirée, sont pour le jeune garçon une source de plaisir et de découvertes inépuisable. Si Fedor voue une haine féroce pour ce père absent et violent, il se voit néanmoins en lui et se trouve des points communs avec cet ivrogne qui le martyrise. En 1837, sa mère décède de la phtisie et son père, indifférent au sort de son fils, plonge définitivement dans l’alcool et l’abandonne aux bons soins de l’école des Ingénieurs militaires de Saint-Pétersbourg. Là-bas, il apprend les mathématiques et l’artillerie, mais, surtout, il y découvre la littérature, dans laquelle il se plonge avec délectation. Il fait la connaissance d’auteurs célèbres tels que Shakespeare, Balzac, Corneille, Racine ou encore Pouchkine et se met à l’écriture.

En 1839, Fedor Dostoïevski apprend le décès brutal de son père, qu’on dit torturé et assassiné par des moujiks, mais son autopsie attribuera sa mort à une crise d’apoplexie. Cet évènement provoque toutefois en l’écrivain de forts sentiments de colère, mais aussi de culpabilité et de remords, lui qui avait tant de fois imaginé et souhaité ce parricide. L’obsession pathologique que Fedor nourrit pour son père le suivra toute sa vie et marquera de son empreinte l’ensemble de sa production littéraire. Ce n’est qu’avec son dernier roman, Les Frères Karamazov, en 1880, qu’il parviendra enfin à se libérer du joug psychologique de son géniteur.

En 1844, alors âgé d’à peine 22 ans, Dostoïevski publie son tout premier roman, Les Pauvre Gens, qui connaitra un succès immédiat. L’auteur est alors propulsé sur le devant de la scène et évolue dans les milieux mondains de la bourgeoisie russe. Mais son ascension ne dure pas, son attitude abattue lui valant de nombreuses railleries et ses deux romans suivants ne rencontrant pas le succès escompté.

Jugé et condamné à mort pour avoir évolué dans le cercle fouriériste de Petrachevski que l’empereur soupçonne de comploter contre lui, Fedor Dostoïevski est gracié en dernière minute et voit sa condamnation commuée en exil. Il sera condamné à être déporté au bagne en Sibérie. Finalement, sa peine sera réduite à quatre ans de travaux forcés et à un service militaire en tant que soldat. En 1854, il est affecté à Semipalatinsk, où il s’éprend de Maria Dmitrievna, qu’il épouse en 1857 après avoir éliminé sa concurrence. Après avoir retrouvé ses privilèges de noble et son droit de publier librement ses ouvrages, Dostoïevski se remet à l’écriture et publie la même année Souvenirs de la maison des morts qui raconte ses années de bagne. En 1859, après avoir obtenu sa retraite de l’armée, Fedor fonde, avec son frère Mikhaïl, une revue nationaliste, Le Temps, qui sera interdite en 1863 à la suite d’une publication considérée trop contestataire. En 1862, Dostoïevski voyage pour la première fois en Occident. En 1867, il épouse en deuxième noce sa sténographe Anna Grigorievna, mais, malade et couvert de dettes, l’homme sombre dans le jeu pour tenter de subvenir aux besoins de la famille de son frère, décédé en 1864. Farouchement opposé à la démocratie bourgeoise européenne, qui place l’argent au centre de ses considérations, Fedor développe un nationalisme chauvin et dénonce l’exploitation des pauvres gens dans Crime et Châtiment.

Après plusieurs années d’errance et de misère financière, l’écrivain renonce finalement au jeu et, en 1880, il publie son dernier roman qui marque l’apogée de son art : Les Frères Karamazov. Dedans, on y retrouve ses deux thèmes de prédilection, à savoir l’existence de Dieu et la force de la passion. Vouant un véritable culte au peuple russe jusqu’à sa mort, en 1881, d’une hémorragie, Fedor Dostoïevski aura marqué le monde de la littérature russe.

Citations de Fédor Dostoïevski

« Laissez-nous seuls, sans les livres, et nous serons perdus, abandonnés, nous ne saurons pas à quoi nous accrocher, à quoi nous retenir ; quoi aimer, quoi haïr, quoi respecter, quoi mépriser ? » (Les Carnets du sous-sol)

« Avec cent lapins on ne fabriquera jamais un cheval, avec cent soupçons on ne fabriquera jamais une preuve. » (Crime et Châtiment)

« Les petites choses ont leur importance ; c’est toujours par elles qu’on se perd… » (Crime et Châtiment)

« Mon ami, la vérité vraie est toujours invraisemblable, savez-vous cela ? Pour rendre la vérité vraisemblable, il faut absolument l’additionner de mensonge. » (Les Possédés)

« La principale douleur, la plus intense, n’est peut-être pas celle des blessures, mais celle qui vient de la certitude que dans une heure, puis dans dix minutes, dans une demi-minute, enfin maintenant, tout de suite, l’âme va quitter le corps, qu’on cessera d’être un homme, que c’est certain, surtout que c’est certain. » (L’Idiot)

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