Didier Daeninckx

Biographie de Didier Daeninckx

Né le 27 avril 1949 à Saint-Denis (banlieue de Paris), Didier Daeninckx est un écrivain français, auteur de romans policiers, de nouvelles et d'essais. Il grandit dans un milieu familial modeste partagé entre anarchisme, antimilitarisme et communisme, ce qui le pousse à s’engager dans son œuvre en mettant au cœur de ses ouvrages, une critique sociale et politique dans laquelle il traite certains sujets d’actualité, mais également du passé. Ce sujet de la mémoire historique marque fortement ses écrits tout au long de sa carrière.

Suite au divorce de ses parents, le jeune Didier s’installe avec sa mère à Aubervilliers, au nord-est de Paris où il adhère aux Jeunesses communistes en 1963. Il abandonne ses études à seize ans et devient d'abord ouvrier imprimeur à partir de 1966, pendant douze ans, puis animateur culturel et enfin journaliste localier. Grâce à ce dernier emploi, il découvre le fait divers dans lequel puisera largement sa matière romanesque.

En 1977, il est au chômage. C’est durant cette période qu’il rédige son premier roman, Mort au premier tour dans lequel il met en scène le personnage névrosé de l'inspecteur Cadin. Son ouvrage est d’abord refusé par dix éditeurs, avant d’être finalement publié en 1982 par les Éditions du Masque. Malheureusement, il passe complètement inaperçu sur la scène littéraire. Son second roman, Meurtres pour mémoire publié en 1984 dans la Série noire, relate le massacre du 17 octobre 1961 en France suite aux dérives de la manifestation du Front de Libération Nationale. Cet ouvrage est très bien accueilli et lui ouvre les portes du succès. Il reçoit même le grand prix de littérature policière en 1985.

L’auteur continue sur sa lancée en publiant la même année Le Géant inachevé dans lequel, toujours avec le personnage de Cadin, Daeninckx s'attaque à la corruption au sein du milieu politique, et Le Der des der, qu’il dédie à son grand-père anarchiste et déserteur en 1917, où il dénonce la pratique du fusillé pour l'exemple. Ses ouvrages apparaitront aussi engagés par la suite, à l’image de Lumière noire (1987) où l’écrivain prend pour cible la politique d’expulsion des Maliens par charters.

S’il écrit surtout des romans noirs, il publie son premier livre jeunesse en 1988, intitulé Le Chat de Tigali dans lequel il dénonce le racisme. Son ouvrage le plus abouti est sans doute La mort n’oublie personne paru la même année. L’auteur s'éloigne quelque peu du genre policier et nous livre une enquête sur un jeune résistant condamné pour meurtre après la guerre.

Didier Daeninckx continue de traiter des thèmes forts au cours de sa vie. Avec Cannibale publié en 1998, il rappelle le souvenir des « zoos humains » mis en place lors de la IIIe République en évoquant le traitement réservé aux populations kanak lors de l'Exposition coloniale de 1931 au zoo de Vincennes. Ses intrigues s’ancrent le plus souvent dans la réalité sociale et politique de son époque.

Didier Daeninckx s'est engagé à de multiples reprises dans des polémiques médiatiques qui lui ont souvent valu des critiques de plusieurs écrivains et journalistes en retour. Si le personnage est parfois contesté, son œuvre est largement reconnue sur la scène littéraire internationale. Le prix Paul Féval de littérature populaire lui est d’ailleurs attribué en 1994 pour l'ensemble de ses publications qui sont aujourd'hui traduites dans une vingtaine de langues.

Citations de Didier Daeninckx

« Il est impératif de rester simple : la vérité doit être assimilable sans effort. L'auditeur sait que s'il faut réfléchir, c'est qu'on nous cache quelque chose. Pour qu'une pièce prenne une forme idéale, le forgeron ne compte pas ses coups de marteau. A la radio, le marteau, c'est les mots. » (Itinéraire d’un salaud ordinaire)

« Ce qui caractérise la psychanalyse, c'est qu'il faut l'inventer. L'individu ne se rappelle de rien. Alors, on l'autorise à déconner. On lui dit: "Déconne, déconne mon petit ! ça s'appelle associer. Ici personne ne te juge, tu peux déconner à ton aise". Moi, la psychanalyse, je l'appelle la déconiatrie. mais pendant que le patient déconne, qu'est-ce-que je fais ? Dans le silence ou en intervenant-mais surtout dans le silence- je déconne à mon tour. » (Caché dans la maison des fous)

« Si on commence à mettre au trou tous ceux qui plaisantent sur le régime et les Allemands, le pays devra se couvrir de prisons. Et il faudra que j'y conduise au moins la moitié de ma famille, moi en
tête ! » (Itinéraire d’un salaud ordinaire)

« On s'en fout de Simenon, il ne raconte que des conneries. Son Maigret, il passe son temps à faire semblant de réfléchir en fumant des bouffardes, alors que le secret du métier, c'est l'action ! » (Itinéraire d’un salaud ordinaire)

« On peut user de la ruse, la ruse est une arme de guerre, pas de l'attentat qui est l'arme des lâches. » (Itinéraire d’un salaud ordinaire)

« Vous tous qui dites "hommes de couleur", seriez-vous donc des hommes sans couleur ? » (Cannibale)

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