Dinaw Mengestu

Biographie de Dinaw Mengestu

Dinaw Mengestu est un écrivain américain né en 1978 à Addis-Abeba en Éthiopie. En 1980, sa famille quitte l’Éthiopie pour échapper à la révolution qui y gronde et aller s’installer à Peoria, dans l’Illinois aux États-Unis. Ils déménagent quelques années plus tard dans la banlieue de Chicago.

Dinaw Mengestu mène des études prestigieuses, obtenant un baccalauréat des arts en anglais à l’université de Georgetown (Washington) et poursuivant avec une maitrise dans le même domaine (il choisit l’orientation fiction) à l’université Columbia de New York. Il enseigne l’écriture créative aux États-Unis mais vit à Paris. Également journaliste, il écrit des reportages et des chroniques dans diverses revues, telles Rolling Stones, Harper’s ou encore The Wall Street Journal. Les sujets qu’il y traite sont la guerre au Darfour et le conflit dans le Nord de l’Ouganda.

Son premier roman, Les belles choses que porte le ciel, est paru en 2007. La même année, il a reçu le prix du Premier Roman étranger, le Guardian First Book Award et a été sacré « révélation de printemps » aux États-Unis. Il a également figuré dans la sélection des 20 meilleurs livres de l’année établie par le magazine Lire. Son succès est tel qu’il a déjà été traduit en plusieurs langues.

Ce qu’on peut lire dans l’air, son roman suivant, parait en 2010, et figure dans la sélection du Independent bookstore. Il remporte également le Vilcek Prize ainsi que le Prix Mahogany. Son œuvre traite de l’exil, de l’arrivée aux États-Unis ainsi que de la difficulté de trouver sa place et de définir son identité lorsqu’on est immigré. Elle a été récompensée par de nombreux prix littéraires, dont notamment le prix MacArthur en 2012 (genius grants, « bourse des génies »), une bourse qui permet aux lauréats de développer et de poursuivre leur activité pendant cinq ans.

Son roman le plus récent, Tous nos noms, a été publié en 2014. Dinaw Mengestu a été désigné en 2007 comme l’un des cinq meilleurs jeunes auteurs américains par la National Book Foundation mais a également été classé par le magazine The New Yorker dans la liste des 20 auteurs de moins de 40 ans les plus prometteurs.

Citations de Dinaw Mengestu

« Que disait toujours mon père, déjà ? Qu’un oiseau coincé entre deux branches se fait mordre les ailes. Père, j’aimerais ajouter mon propre adage à ta liste : un homme coincé entre deux mondes vit et meurt seul. Cela fait assez longtemps que je vis ainsi, en suspension. » (Les belles choses que porte le ciel)

« S’il y avait une chose que je comprenais chez les gens, c’était l’importance que pouvait prendre le plus petit geste de sympathie fait au bon moment. » (Les belles choses que porte le ciel)

« Il faut ajouter de la couleur à la vie chaque fois qu’on le peut. » (Les belles choses que porte le ciel)

« J’ai dit plus tôt que je ne me rappelais pas ce qui était arrivé à ma mère la nuit avant qu’elle m’emmène à l’école, et c’est peut-être vrai. Peut-être que je ne peux pas m’en souvenir, pas plus aujourd’hui qu’avant. Pourtant je savais bien, déjà à l’époque, que les femmes étaient facilement victimes de choses terribles quand on les perdait de vue. Elles recevaient des coups violents et, après, elles venaient dans votre lit, où vous pouviez les protéger. » (Ce qu’on peut lire dans l’air)

« Comparé à d’autres, Isaac était presque immatériel : sans être un fantôme, il avait tout d’un homme dont seuls les contours auraient été ébauchés, un homme à qui je m’efforçais désespérément de donner chair. » (Tous nos noms)

« Tes lacs sont mes océans. Ma forêt est ta jungle. L’Amérique est un monde, pas une nation. » (Tous nos noms)

« Je me disais qu’un jour, je découvrirais une maison ou un quartier qui me donnerait l’impression d’avoir été construit pour moi seul. J’ai dû parcourir plus de kilomètres que n’importe quel homme de mon entourage, et j’ai fini par comprendre que je ne dénicherais jamais un tel endroit, même si je marchais jusqu’à la fin de mes jours. Inutile de se lamenter. Nombre de gens ont un sort autrement pénible. Ils rêvent de s’ancrer dans un lieu qui ne voudra jamais d’eux. J’ai commis cette erreur autrefois. » (Tous nos noms)