Nathalie Azoulai

Biographie de Nathalie Azoulai

Nathalie Azoulai est une écrivaine née en 1966 à Nanterre dans une famille d’origine égyptienne. Ses parents ont d’ailleurs vécu en Égypte avant de s’exiler en France, dans la région parisienne. Après avoir suivi des études à l’École normale supérieure et y avoir été diplômée d’une agrégation en lettres modernes, elle se lance dans une carrière dans l’enseignement. Elle se réoriente ensuite vers le monde de l’édition et y occupe divers postes. C’est en parallèle de sa carrière qu’elle entreprend une activité d’écriture et publie, en 2002, son premier roman : Mère agitée. Elle y évoque la maternité et ses craintes, son nouveau statut de mère et les ambiguïtés qu’il implique, se remémore son enfance et observe celle de ses enfants.

Son deuxième roman, C’est l’histoire d’une femme qui a un frère, parait en 2004 et revêt un caractère autobiographique : l’auteure y raconte son histoire de petite sœur qui a toujours évolué avec la figure d’un grand frère. À cette époque, elle quitte la capitale française pour s’installer en Espagne pour quelques années. C’est son sa vie dans ce pays qui lui inspire son roman suivant, Les Manifestations, qu’elle publie en 2005. Ayant un double caractère politique et intime, ce texte propose les opinions différentes de deux amies de longue date et relate la montée historique de l’antisémitisme en France au début du XXIe siècle, sur fond de manifestations et protestations dans les rues. Le livre a suscité une grande polémique.

De retour en France en 2006, elle écrit Une ardeur insensée qu’elle publie en 2009. Ce roman retrace le parcours d’une pharmacienne qui décide de se lancer dans une carrière de comédienne en suivant des cours de théâtre. C’est l’occasion pour l’auteure d’évoquer les grands hommes de théâtre qu’elle a toujours admirés, tels que Louis Jouvet, Antoine Vitez et Patrice Chéreau. L’année suivante, elle donne une suite à Mère agitée : Les Filles ont grandi. Elle se tourne également vers l’écriture scénaristique à cette époque, en cosignant le scénario de Parcours meurtrier d’une mère ordinaire : l’affaire Courjault, un docu-fiction diffusé par la chaine de télévision Arte en 2009.

En 2015, elle publie Titus n’aimait pas Bérénice, une autobiographie romancée de la vie du dramaturge Jean Racine. Ce roman a été plébiscité par la critique et a obtenu les prix Médicis et Goncourt : le choix de l’Orient. Nathalie Azoulai est également l’auteure de livres pour la jeunesse, comme La Mode racontée aux enfants, paru en 2013.

Citations de Nathalie Azoulai

« D’une certaine manière, quand ses enfants sont avec la mère de leur mère, ils ont la version d’origine, le modèle, la matrice absolue. C’est la maternité prodiguée à la source. Alors, en effet, quoi de plus bénéfique et protecteur que ce jaillissement-là ? » (Mère agitée)

« Quoi qu’elle leur reproche et quoi qu’elle redoute, elle sait qu’elle les aime d’un seul tenant, en bloc et pour toujours. C’est un désir sans cesse pris à la source et qui n’a pas besoin du manque pour se raviver. » (Mer agitée)

« Il n’a qu’une ambition, celle de composer des vers qui plaisent et qui restent. À l’idée de naissance ou de providence, il doit résolument substituer celle de carrière. Le verbe plaire entre dans son vocabulaire. » (Titus n’aimait pas Bérénice)

« Racine, c’est le supermarché du chagrin d’amour. » (Titus n’aimait pas Bérénice)

« Elle-même autrefois, quand elle tenait lieu de confidente aux autres, ne pouvait s’empêcher de penser que le récit du chagrin est aussi ennuyeux que le récit de rêve, que rien ne vous concerne moins. » (Titus n’aimait pas Bérénice)

« On dit qu’il faut un an pour se remettre d’un chagrin d'amour. On dit aussi des tas d’autres choses dont la banalité finit par émousser la vérité. » (Titus n’aimait pas Bérénice)

« Il aime que les langues se parlent en sous-main, qu’elles tissent des dialogues impalpables, invisibles à l’œil qui ne les traduit pas. » (Titus n’aimait pas Bérénice)