Kamel Daoud

Biographie de Kamel Daoud

Kamel Daoud est né le 17 juin 1970 à Mostaganem (Algérie) dans une famille modeste. Seul de la famille à poursuivre des études, il s’intéresse aux mathématiques et à la littérature. Avant de devenir écrivain, il exerce d’abord la profession de journaliste au Quotidien d’Oran, pour lequel il devient rédacteur en chef. Impliqué dans le destin de son pays, il participe aux manifestations du printemps arabe en 2011. S’il publie avant ces faits quelques nouvelles et récits en Algérie, il ne se fait connaitre du public français qu’avec la parution de son recueil de nouvelles Le Minotaure 504 (2011) qui est sélectionné pour le prix Goncourt de la nouvelle. Bien que Daoud ne le remporte pas, il est récompensé deux ans plus tard par le prix Goncourt du premier roman pour Meursault, contre-enquête, qui offre une suite originale à L’Etranger d’Albert Camus (écrivain et philosophe français, 1913-1960). Ce jeune auteur algérien d’expression française s’avère un écrivain talentueux qui est destiné à laisser sa trace dans le paysage littéraire français actuel.

Citations de Kamel Daoud

  • « Un vrai verset satanique que celui qui me trotte dans la tête : "Un Arabe est toujours plus célèbre lorsqu'il détourne un avion que lorsqu'il le fabrique !" C'est ce que pense le monde qui sait qu'il n'y a que deux sortes de peuples : ceux qui ont appris à marcher dans le ciel et ceux que se font marcher dessus. » (Le Minotaure 504)
  • « D'ailleurs, c'est le vendredi que je n'aime pas. C'est un jour que je passe souvent sur le balcon de mon appartement à regarder la rue, les gens, et la mosquée. Elle est si imposante que j'ai l'impression qu'elle empêche de voir Dieu. » (Meursault, contre-enquête)
  • « Je te le dis d'emblée : le second mort, celui qui a été assassiné, est mon frère. Il n'en reste rien. Il ne reste que moi pour parler à sa place, assis dans ce bar, à attendre des condoléances que jamais personne ne présentera. Tu peux en rire, c'est un peu ma mission : être revendeur d'un silence de coulisses alors que la salle est vide. » (Meursault, contre-enquête)
  • « J'avais l'intuition, depuis ma jeunesse, que ce pays souffrait non pas d'un manque de nourriture et d'espoir, mais d'un mal encore plus terrible et qui pouvait conduire à la construction de pyramides ou à la perpétration de massacres : le désœuvrement. » (Le Minotaure 504)
  • « J'avais refroidi tous les corps de l'humanité en en tuant un seul. D'ailleurs mon cher ami, le seul verset du Coran qui résonne en moi est bien celui-ci : "Si vous tuez une seule âme, c'est comme si vous aviez tué l'humanité toute entière". » (Meursault, contre-enquête)