James Joyce

Biographie de James Joyce

James Joyce est né le 2 février 1882 à Dublin en Irlande. Issu d’une famille catholique romaine, le jeune James est envoyé dans une école jésuite pour parfaire son éducation. Élève distingué, il excelle dans toutes les branches, mais montre déjà un intérêt plus poussé pour la littérature et la philosophie. En 1891, il écrit son premier poème, intitulé « Et Tu Healy » que son père envoie à la Bibliothèque du Vatican. 

À l’âge de 16 ans, James Joyce commence à rejeter le catholicisme, prônant davantage une pensée proche de celle de saint Thomas d’Aquin. La même année, il entre à l’University College de Dublin où il suit un cursus en lettres et langues modernes, avec pour spécialisations le français et l’italien. Le futur grand écrivain rédige de plus en plus : pièces de théâtre, essais, articles, exposé, etc. Ils se tissent plusieurs relations dans le monde littéraire et théâtral de Dublin, avant de partir en 1903 pour Paris, où il séjourne pendant quelques mois. Alors qu’il prétend y étudier la médecine, il s’amuse davantage à boire et à dilapider les économies de sa famille. Rappelé au chevet de sa mère mourante, il continuera à s’enfoncer dans l’alcool et dans la pauvreté, vivotant seulement de quelques écrits, de prestations de chant et d’une profession d’enseignant.

À partir de janvier 1904, James Joyce entreprend d’écrire son autobiographie. Celle-ci paraitra en version longue en 1916 sous le titre de Portrait de l’artiste en jeune homme (Dedalus, en anglais). Cette année est également marquée par l’amour pour ce jeune écrivain qui rencontre la femme de sa vie, Nora Barnacle (1884-1951), qui lui donnera un fils, Giorgio, et une fille, Lucia. Après encore quelques déboires dans la capitale irlandaise – qui l’inspireront pour son futur roman Ulysse (1922) –, il s’exile sur le Vieux Continent avec son amante, où il enseigne l’anglais en Autriche-Hongrie. Pendant une dizaine d’années, il vit à Trieste (en actuelle Italie) et continue de boire et de dépenser avec exagération son argent.

En 1907, il publie son premier ouvrage, Chamber Music. Cette même année, l’iritis, une maladie oculaire, se développe et James Joyce devient progressivement aveugle. Alors qu’il a un peu le mal du pays, il retourne de temps en temps en Irlande où il publie un recueil de nouvelles, Les Gens de Dublin, en 1914. Mais ses relations avec son éditeur étant conflictuelles, il ne remettra bientôt plus jamais les pieds dans son pays d’origine.

Avec le début de la Première Guerre mondiale (1914-1918), la famille Joyce déménage à Zurich, en Suisse. Durant cette période, il rencontre sa future mécène anglaise, Harriet Shaw Weaver (1876-1961), qui lui fournira jusqu’à la fin de sa vie assez d’argent pour pouvoir se consacrer entièrement à l’écriture. En 1920, il se rend sur l’invitation d’un ami à Paris, où il dédie tout son temps à terminer la rédaction de son chef-d’œuvre Ulysse, qui paraitra en 1922 dans une petite librairie parisienne. À la Capitale Lumière, il se lie d’amitié avec des grands auteurs de son temps tels que Marcel Proust, Samuel Beckett ou encore Ernest Hemingway. À partir de 1923, James Joyce commence à rédiger des parties de ce qui deviendra Finnegans Wake (1939). Avec le début de la Seconde Guerre mondiale (1939-1945), il retourne à Zurich pour finir sa vie. Il décède finalement le 13 janvier 1941 d’une perforation d’un ulcère au duodénum.

Écrivain incompris de son temps, il a tout de même joui de l’admiration de H.G. Wells et d’Ernest Hemingway et a influencé profondément des auteurs tels que Jorge Luis Borges, Raymond Queneau ou encore Alain Robbe-Grillet. Son œuvre est aujourd’hui considérée comme un incontournable de la littérature mondiale du XXe siècle.

Citations de James Joyce

« Est-ce qu'un ouvrier n'a pas autant de droits qu'un autre à faire partie du conseil municipal et même plus de droits qu'un de ces pique-assiettes qui sont toujours chapeau bas devant quelque gros monsieur avec un nom qui se dévisse ? » (Les Gens de Dublin)

« La pitié est le sentiment qui arrête l’esprit devant ce qu’il y a de grave et de constant dans les souffrances humaines et qui l’unit avec le sujet souffrant. La terreur est le sentiment qui arrête l’esprit devant ce qu’il y a de grave et de constant dans les souffrances humaines et qui l’unit avec la cause secrète. » (Portrait de l’artiste en jeune homme)

« Quelles étaient, réduites à leur forme réciproque la plus simple, les pensées de Bloom à propos des pensées de Stephen à propos de Bloom et les pensées de Bloom à propos des pensées de Stephen à propos des pensées de Bloom à propos de Stephen ? Il pensait qu’il pensait qu’il était juif tandis qu’il savait qu’il savait qu’il savait qu’il ne l’était pas. » (Ulysse)

« Chaque vie, c'est beaucoup de jours, jour après jour. Nous marchons à travers nous-mêmes, rencontrant voleurs, fantômes, géants, vieillards, jeunes gens, épouses, veuves, frères d'amour. Mais toujours nous rencontrant nous-mêmes. » (Ulysse)

« Ô seigneur, déverse sur nous tes misères mais laisse-nous entrelacer nos arts d'un sourire discret ! » (Finnegans wake)

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