Fabrice Guénier

Biographie de Fabrice Guénier

Fabrice Guénier est né en 1956 à Puteaux, en Ile-de-France. Il vit et travaille à Paris. Graphiste et photographe professionnel de formation, il a occupé la fonction de directeur artistique free-lance dans la publicité. Il écrit déjà et, en 2000, il publie à compte d’auteur un recueil qui mêle des textes et des photographies, Je crois qu’un jour. Journal photographique d’un hiver ordinaire.

En 2010, il se retrouve au chômage et touche le revenu de solidarité active. Il propose alors un texte aux éditions Gallimard et son premier roman, Les Saintes, est publié en 2013. Cet ouvrage aborde le sujet du tourisme sexuel en Asie du Sud-Est et il évoque les jeunes prostituées thaïlandaises, que l’auteur fréquente beaucoup depuis que son épouse l’a quitté.

Toujours peu connu du grand public, Fabrice Guénier publie Ann en 2015. Son roman, qui est sélectionné parmi les nominés pour les prix Françoise Sagan, Médicis et Renaudot, passe pourtant inaperçu dans la presse et parmi les critiques. Ayant fait carrière dans la publicité, l’auteur a alors une idée pour attirer l’attention vers son livre. Il publie une petite annonce dans Libération à la recherche de journalistes : « Dernier roman Gallimard encore en lice pour le Renaudot, n’ayant eu à ce jour ni critique, ni article de presse, cherche à rencontrer journaliste curieux. » Suivent ses coordonnées. Sa stratégie s’avère payante et son texte fait le buzz en quelques jours. Fabrice Guénier a alors l’occasion d’expliquer aux journalistes qui le contactent qu’il a écrit Ann en hommage à la jeune femme qu’il a rencontrée en Thaïlande et qu’il a aimée. Cette fille de la nuit avec qui l’auteur a partagé une relation pendant trois ans, est décédée de la tuberculose et Guénier a voulu partager son souvenir, continuer à le faire vivre.

Citations de Fabrice Guénier

« Regards vides, gueules cassées. Beaucoup étaient lookés. De petits boucs pathétiques, des tatouages laids, des débardeurs à bières, des casquettes, des shorts de clowns. Sac banane, lunettes frimeuses, culturisme. Un pantin, livré avec tous ses accessoires, cramponné à sa bière. » (Les Saintes)

« Pour ma prochaine incarnation, je voulais revenir en oreiller pour filles. » (Les Saintes)

« J’avais compris, tard, qu’aucune ne m’emmènerait nulle part. Confort et rassurance étaient abscisse et ordonnée. Les Cendrillon ne perdaient plus leur chaussure. Tout le monde restait à la maison, entre soi, bien fermé. Il n’y avait plus qu’à ouvrir le gaz, prendre un amant au bureau, vieillir, jeter les enfants par la fenêtre, ou se demander qui allait faire la vaisselle : Roméo ou Juliette. La vie rêvée des anges. » (Les Saintes)

« J’aimais la regarder se préparer pour sortir, le soir. Penchée sur la glace. Elle porte une robe couleur pensée – qui peut donc être n’importe quelle couleur, mais éclatante. A quoi pense-t-elle ? Elle pose du talc sur ses joues. L’étale. » (Ann)

« L’homme abdique et paie. La fille abdique et se vend. Chacun s’abaissant, cessant de prétendre. Se soumettant. Et sur cette soumission on peut, peut-être, bâtir. Sur cette humilité. » (Ann)

« Tu es morte. Peut-on à cinquante ans passés se sentir orphelin d’une gamine de vingt-trois ans ? La mort n’est pas le mystère. Le mystère c’est la vie qui continue. Le mystère c’est, comment ? » (Ann)

« Le premier qui me parle de prostitution je l’exécute.
Je le dévore. » (Ann)