Christophe Boltanski

Biographie de Christophe Boltanski

Christophe Boltanski est né le 10 juillet 1962 à Boulogne-Billancourt, dans une famille d’intellectuels : son père, Luc Boltanski, est sociologue, et ses oncles Jean-Élie Boltanski et Christian Boltanski sont respectivement linguiste et artiste plasticien. C’est donc naturellement que Christophe Boltanski s’oriente vers des études supérieures : il effectue son cursus au Centre de formation des journalistes (CFJ) à Paris et y obtient son diplôme en 1987. Il effectue ensuite son service national à l’étranger et travaille pour le périodique Le Progrès égyptien.

Dès 1989, il est engagé au sein du quotidien Libération et y travaille jusqu’en 2007. Il y occupe tour à tour les postes de correspondant de guerre (pendant la guerre du Golfe), puis de correspondant local à Jérusalem et à Londres. Après sa carrière à Libération, il rejoint les équipes de l’hebdomadaire Le Nouvel Obs en tant que grand reporter et participe également au site d’information en ligne Rue 89.

Christophe Boltanski est l’auteur de plusieurs reportages, dont « Les Mineurs de l’enfer », qu’il consacre aux travailleurs des mines du Congo en 2010 et pour lequel il est récompensé par le prix Bayeux-Calvados des correspondants de guerre. Il a également rédigé quelques essais prenant comme thème le Proche-Orient, comme Les Sept Vies de Yasser Arafat en 1997 ou encore Minerais de sang : Les esclaves du monde moderne en 2014, qui est illustré des photographies de Patrick Robert.

Ce n’est qu’en 2015 qu’il se lance dans l’écriture de fiction avec son premier roman, La Cache, qui retrace sa « mythologie » familiale, marquée par la demeure de ses grands-parents autour de laquelle gravite l’ensemble des membres du clan Boltanski. La Cache a remporté un vif succès public, mais aussi critique : en 2015, il se voit récompenser par le prix Femina et le prix Transfuge du meilleur premier roman français.

Citations de Christophe Boltanski

« Un même morceau de pierre peut, suivant son usage, revêtir plusieurs identités. Un jour, c’est du tungstène, un autre de la tourmaline. Il peut tout aussi bien finir dans une lampe à incandescence, une bijouterie ou à la poubelle. En fin de compte, il n’est défini que par ce à quoi les humains – à force de pelletées, de burins, de tamis, de négociations, parfois aussi à coups de fusil – le destinent. » (Minerais de sang)

« Elle qui ne mangeait rien nous transmettait une tradition culinaire pour solde de tout compte. Pas de folklore exotique, pas de coutumes à respecter, pas de langue rare à sauver de l’oubli, pas de culture ancestrale à entretenir par-delà les frontières. Juste des recettes. Une nourriture qu’il fallait qualifier de "russe" pour ne pas dire juive. » (La Cache)

« Nous avions peur. De tout, de rien, des autres, de nous-mêmes. […] De la petite comme de la grande histoire. Des joies trompeuses. Du blanc qui présuppose le noir. Des honnêtes gens qui, selon les circonstances, peuvent se muer en criminels. […] Des voisins indiscrets. De la réversibilité des hommes et de la vie. Du pire, car il est toujours sûr. » (La Cache)

« Depuis son adolescence, il consacrait son temps à lire et à écrire des poèmes. Des vers arrachés à son enfance inquiète, rythmés comme des comptines, qui parlaient de fusils, de mutilés et d’un petit orphelin juif. » (La Cache)

« Niania sort toujours habillée de sa cape d’infirmière. Au-dessus de son étoile jaune, elle a accroché sa croix de guerre avec palme, comme si ces deux signes distinctifs s’annulaient. Elle se croit protégée par cette arithmétique sommaire. » (La Cache)

« Cette famille n’est qu’une longue suite de pseudonymes, de sobriquets, d’alias achetés ou imaginaires. Des noms plus tout à fait propres à force d’en cacher d’autres qui posent tous la même question : "Qui sommes-nous ?" » (La Cache)

« En voyage, ils sacrifiaient la profondeur à l’étendue. Leur but était moins de découvrir des contrées lointaines ou exotiques que de couvrir les distances les plus longues possible et de planter de nouvelles épingles sur un globe terrestre. » (La Cache)