Jérôme Ferrari

Biographie de Jérôme Ferrari

Auteur et traducteur français, Jérôme Ferrari est né à Paris en 1968 de parents corses. Après des études de philosophie à la Sorbonne, il retourne sur sa terre d’origine, où il enseigne pendant plusieurs années au lycée de Porto-Vechio, avant d’accepter un poste de professeur à Alger et ensuite à Abu Dhabi.

Entré sur la scène littéraire en 2001 avec son recueil de nouvelles Variétés de la mort. Influencé par la philosophie de Nietzsche, Jérôme Ferrari y décrit la frivolité d’une poignée d’êtres humains qui se voient confrontés à leur propre médiocrité et à la banalité de leur existence. Son écriture, encore empreinte de la fougue et de la révolte de la jeunesse, est déjà prometteuse. Il faut attendre 2003 pour voir naitre de sa plume son premier roman, Aleph zéro, qui retrace le combat intérieur de plusieurs personnages en proie aux questions existentielles et se débattant dans une existence emplie de désespoir et de désillusion.

En 2009, Jérôme Ferrari publie son quatrième roman, Un dieu un animal, pour lequel il est récompensé du prix Landerneau. Dans cette œuvre à l’écriture intense, fiévreuse et magistrale, l’auteur dépeint, à travers le narrateur principal, une civilisation contemporaine dépossédée et esclave d’une société où l’économie capitaliste et la violence règnent en maitre. Si Où j’ai laissé mon âme assoit davantage sa réputation d’auteur à succès grâce aux prix qu’il remporte (le Grand Prix Poncetton et le prix Roman France Télévision), Jérôme Ferrari connait la consécration avec son roman le plus emblématique de sa carrière : Le Sermon sur la chute de Rome. Lauréat du prix Goncourt et du prix Liste Goncourt en 2012, le livre, découpé en sept parties, retrace à la fois la déchéance de l’Empire français et la déroute d’un petit bar de village repris par les deux protagonistes de l’histoire, Matthias Antonetti et Libero Pintus. La particularité du roman tient dans l’intitulé de chacune des sept parties constituant le roman, qui correspond chaque fois à une phrase extraite de la Cité de Dieu d’Augustin Hippone, et plus précisément de son Sermon sur la chute de Rome qu’il prononça devant ses fidèles.

Depuis 2015, Jérôme Ferrari enseigne au lycée corse Giocante de Casabianca la philosophie en hypokhâgne.

Citations de Jérôme Ferrari

« Laisse l’éternité là où elle est. Le seul moyen de la préserver est de ne pas s’en approcher, car c’est dans la perte et l’éloignement que tu te tiens au plus près de ce qui est perdu, et à jamais inaccessible. Il n’y a pas d’attente, pas de rêves, pas d’élan, mais simplement la douceur limpide de ce qui est donné par surcroit. » (Un dieu un animal)

« C’est une aube étincelante dont la lumière brutale éblouit la mémoire des hommes, et leurs souvenirs douloureux sont confiés au reflux des ténèbres qui se dissipent en les emportant avec elles. » (Le Sermon sur la chute de Rome)

« Comme vous le savez, les touristes sont unanimement haïs dans tous les pays qui ont le malheur de dépendre de leur argent. » (Variétés de la mort)

« Car j’ai aussi appris que le mal n’est pas l’opposé du bien : les frontières du bien et du mal sont brouillées, ils se mêlent l’un à l’autre et deviennent indiscernables dans la morne grisaille qui recouvre tout et c’est cela, le mal. » (Où j’ai laissé mon âme)

« Elle savait qu’il n’est aucune vie loin des yeux des hommes et elle s’efforçait d’être l’un de ces regards qui ne laissent pas la vie s’éteindre. » (Le Sermon sur la chute de Rome)

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