Choderlos de Laclos

Biographie de Choderlos de Laclos

Né le 18 octobre 1741, Pierre Ambroise François Choderlos de Laclos se révèle tardivement comme l’un des écrivains phares du XVIIIe siècle. C'est vers l’âge de 40 ans, enlisé dans une carrière militaire insatisfaisante, qu'il s’adonne à l’écriture. Une véritable ambition littéraire nait peu à peu dans son esprit : il résout d’écrire un roman qui « fît du bruit » pendant longtemps. Lors d’une permission de six mois, il achève alors Les Liaisons dangereuses (1782), son seul et unique chef-d’œuvre dans lequel il exorcise ses frustrations concernant ses années militaires ainsi que son ressenti envers les femmes de la noblesse, inaccessibles à ses yeux. Ce roman, s’il lui vaut l’opprobre des uns et l’admiration des autres, marque les esprits au-delà des attentes de son auteur.

Il rencontre Marie-Soulange Duperré en 1783 et l'épouse malgré leur importante différence d'âge. Époux fidèle et père attentionné, Laclos mène une vie sans histoire, éloignée des mœurs dépravées de ses personnages. Homme froid et réfléchi, il participe à quelques prises de décisions et complots politiques et meurt le 5 septembre 1803 à Tarente à l'âge de 62 ans.

Citations de Choderlos de Laclos

  • « L'humanité n'est parfaite dans aucun genre, pas plus dans le mal que dans le bien. Le scélérat à ses vertus, comme l'honnête homme a ses faiblesses. » (Les Liaisons dangereuses)
  • « Il n'y a que deux moyens pour connaitre : observer et méditer. » (Des Femmes et de leur éducation)
  • « Les livres nous font jouir des observations et des méditations des hommes de tous les temps et de tous les lieux. » (Des Femmes et de leur éducation)
  • « On s'ennuie de tout, mon Ange, c'est une loi de la nature ; ce n'est pas ma faute.
    Si donc je m'ennuie aujourd'hui d'une aventure qui m'a occupé entièrement depuis quatre mortels mois, ce n'est pas ma faute.
    Si, par exemple, j'ai eu juste autant d'amour que toi de vertu, et c'est surement beaucoup dire, il n'est pas étonnant que l'un ait fini en même temps que l'autre. Ce n'est pas ma faute.
    Il suit de là, que depuis quelque temps je t'ai trompée : mais aussi, ton impitoyable tendresse m'y forçait en quelque sorte ! Ce n'est pas ma faute.
    Aujourd'hui, une femme que j'aime éperdument exige que je te sacrifie. Ce n'est pas ma faute.
    Je sens bien que te voilà une belle occasion de crier au parjure : mais si la nature n'a accordé aux hommes que la constance, tandis qu'elle donnait aux femmes l'obstination, ce n'est pas ma faute.
    Crois-moi, choisis un autre amant, comme j'ai fait une autre maitresse. Ce conseil est bon, très bon ; si tu le trouves mauvais, ce n'est pas ma faute.
    Adieu, mon ange, je t'ai prise avec plaisir, je te quitte sans regret : je reviendrai peut-être. Ainsi va le monde. Ce n'est pas ma faute. » (Les Liaisons dangereuses)
  • « En effet, si les premiers amours paraissent, en général, plus honnêtes, et comme on dit plus purs ; s’ils sont au moins plus lents dans leur marche, ce n’est pas, comme on le pense, délicatesse ou timidité, c’est que le cœur, étonné par un sentiment inconnu, s’arrête pour ainsi dire à chaque pas, pour jouir du charme qu’il éprouve, et que ce charme est si puissant sur un cœur neuf, qu’il l’occupe au point de lui faire oublier tout autre plaisir. » (Les Liaisons dangereuses)
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