Benjamin Constant

Biographie de Benjamin Constant

Benjamin Constant de Rebecque est un homme politique et écrivain franco-suisse né à Lausanne le 25 octobre 1767 dans une famille protestante. Sa mère meurt en couches.t son père étant colonel dans un régiment suisse au service de la Hollande, Benjamin le suit lors de ses voyages. Il passe son enfance entre l’Allemagne, la France et la Grande-Bretagne, pays dans lesquels il fait ses études.

En 1794, il rencontre Germaine de Staël avec qui il entretiendra une relation chaotique. À cette époque, elle anime le Groupe de Coppet, un regroupement libéral, anti-napoléonien et romantique. Républicain, Benjamin Constant fait ses débuts en politique avec difficultés dès 1795 lorsqu’il débarque à Paris avec Mme de Staël. Il soutient le Coup d'État du 18 fructidor an V, puis celui du 18 Brumaire du 9 novembre 1799 de Napoléon Bonaparte qui marque la fin du Directoire et de la Révolution française, et le début du Consulat. Il est nommé au Tribunat par Sieyès, malgré les réticences de Bonaparte. Il s’oppose rapidement à la monarchisation du régime et apparait comme le chef de l’opposition libérale connue sous le nom des « Indépendants ».

Il quitte Paris et rejoint la Suisse puis l’Allemagne avant de revenir en décembre 1804. Il retrouve alors Charlotte de Hardenberg avec qui il se marie en 1808, Mme de Staël ayant refusé sa demande. En 1814, il fait paraitre De l'esprit de conquête et d'usurpation dans leurs rapports avec la civilisation actuelle, hostile à Napoléon. Sous la Première Restauration, il défend l'alliance des Bourbons avec l'héritage issu de la Révolution dans Le Journal des Débats. Puis il se rallie à Napoléon sous les Cent Jours. Il est nommé au Conseil d'État et participe à la rédaction de l'Acte additionnel le 24 avril 1815. La même année, il publie Principes de politique applicables à tous les gouvernements représentatifs, texte dans lequel il exprime sa théorie du régime parlementaire.

Suite à la seconde abdication de Napoléon le 7 juillet 1815, Constant se réfugie à Bruxelles, puis en Angleterre avant de revenir à Paris où il publie Adolphe en 1816 qui reçoit un succès énorme lors des lectures dans les salons littéraires. Durant la Restauration, il est élu à la Chambre des députés et siège à gauche. Il est l’un des orateurs les plus éloquents et s’engage dans plusieurs combats en défendant les principes de la Charte, la liberté de la presse, la liberté individuelle, la liberté religieuse et en s’opposant aux lois d'exception et à l’esclavage. Lors de la Révolution de juillet, il soutient l’avènement de Louis-Philippe et passe du côté de l'opposition dynastique.

Benjamin Constant s’intéresse beaucoup à la philosophie et du romantisme allemand avec les lectures de Kant, Schelling ou Schlegel, mais lit également des libéraux français comme Voltaire et Condillac. Il est l’auteur d’essais dans lesquels il pose des questions politiques ou religieuses avec De la force du gouvernement actuel de la France et de la nécessité de s'y rallier publié en 1796 et De la religion considérée dans sa source, ses formes et son développement, mais également de romans psychologiques où il évoque le sentiment amoureux comme Le Cahier rouge écrit en 1807, mais publié à titre posthume, où l’on retrouve des éléments autobiographiques de son amour pour Mme de Staël. Il décède de maladie le 8 décembre 1830 et est inhumé au cimetière parisien du Père-Lachaise.

Citations de Benjamin Constant

« Presque tous les vieux gouvernements sont doux parce qu'ils sont vieux et tous les nouveaux gouvernements durs, parce qu'ils sont nouveaux. » (Le cahier rouge)

« Nous sommes des créatures tellement mobiles que les sentiments que nous feignons, nous finissons par les éprouver. » (Adolphe)

« La guerre et le commerce ne sont que deux moyens différents d'arriver au même but : celui de posséder ce que l'on désire. » (De l’esprit de la conquête et de l’usurpation)

« C’est un affreux malheur de n’être pas aimé quand on aime ; mais c’en est un bien plus grand d’être aimé avec passion quand on n’aime plus. » (Adolphe)

« Elle croyait ranimer mon amour en excitant ma jalousie; mais c'était agiter des cendres que rien ne pouvait réchauffer. » (Adolphe)

« L'individu, indépendant dans la vie privée, n'est, même dans les États les plus libres, souverain qu'en apparence. Sa souveraineté est restreinte, presque toujours suspendue ; et si, à des époques fixes et rares, et entouré de précautions et d'entraves, il exerce cette souveraineté, ce n'est jamais que pour l'abdiquer. » (Principes de politique)

« La reconnaissance a la mémoire courte. » (Cours de politique constitutionnelle)

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