Sorj Chalandon

Biographie de Sorj Chalandon

Sorj Chalandon est né le 16 mai à Tunis en Tunisie. Georges – de son vrai prénom – passe son enfance à Lyon entouré de son frère, de sa mère et de son père, atteint de paranoïa et qui enferme sa famille dans la peur et la folie. Si les premières années de la vie de l’auteur sont assez noires, il parvient cependant à s’en tirer et développe très rapidement un gout pour l’écriture.

À partir de 1973, il exerce la profession de journaliste au sein du quotidien français Libération. Reconnu pour ses reportages de qualité sur l’Irlande du Nord et le procès de Klaus Barbie, Sorj Chalandon est récompensé en 1988 par le prix Albert-Londres qui salue les grands reporters de la presse écrite. À la fin de sa carrière dans ce journal – qu’il quitte définitivement après 30 ans de service –, il écrit son premier roman, Le Petit Bonzi, qui est publié en 2005. Il est rapidement décoré de quelques petits prix littéraires, comme le prix du Premier Roman de l’université d’Artois.

Riche de cette première expérience, Sorj Chalandon poursuit sa nouvelle carrière littéraire en sortant l’année suivante Une promesse qui remporte le prestigieux prix Médicis. Tout en participant à la création de scénario pour la série télévisée française Reporters, il publie en 2008 Mon traître qui, tout comme les précédents, reçoit plusieurs prix littéraires.

Tout en poursuivant sur cette brillante voie, il devient formateur au centre de formation des journalistes à Paris (de 2007 à 2009), puis président du jury du prix littéraire du Deuxième Roman (2013).  En 2009, sort La Légende de nos pères (prix Ouest du Printemps du Livre), en 2011 Retour à Killybegs (Grand prix du roman de l’Académie française) et en 2013 Le Quatrième Mur qui est récompensée par pas moins de six prix littéraires, dont le Goncourt des lycéens. En 2015, Sorj Chalandon publie Profession du père (prix du Style), un roman d’autofiction qui lui permet de tourner définitivement la page sur son enfance et son père peu banal.

Citations de Sorj Chalandon

« Couché sur le dos, son crayon à la main, le visage enfoui contre le sommier de pin, il note ses mensonges, il note ses peurs, il note ses terreurs, il note tout ce qui se saura parce que le temps sait tout. Des riens juste entre lui et lui, des épouvantes de pain d'épice, des griffures de linotte, des effrois de gamin de douze ans. Ce qu'il masque, grime, dissimule. Il note tout cela précisément. Il le note pour se souvenir, pour après, pour plus tard. Pour relire ses frayeurs de rien quand elles ne seront plus. » (Le Petit Bonzi)

« Il fallait que je ferme les yeux et que j'appelle ce lac à l'aide, ces collines, ce ciel, ce vent. Il fallait que j'appelle cette beauté. Et là, comme ça, il a dit que je sentirais sa main sur mon épaule et que tout serait simple. Il a dit qu'alors je saurais qu'il est juste, et normal, et bon que des hommes se battent pour cette terre. » (Mon traître)

« Quand mon père me battait il criait en anglais, comme s'il ne voulait pas mêler notre langue à ça. Il frappait bouche tordue, en hurlant des mots de soldat. Quand mon père me battait il n'était plus mon père, seulement Patraig Meehan. Gueule cassée, regard glace, Meehan vent mauvais qu'on évitait en changeant de trottoir. Quand mon père avait bu il cognait le sol, déchirait l'air, blessait les mots. Lorsqu'il entrait dans ma chambre, la nuit sursautait. Il n'allumait pas la bougie. Il soufflait en vieil animal et j'attendais ses poings. » (Retour à Killybegs)

« Le quatrième mur [au théâtre], c'est ce qui empêche le comédien de baiser avec le public, a répondu Samuel Akounis.
Une façade imaginaire, que les acteurs construisent en bord de scène pour renforcer l'illusion. Une muraille qui protège leur personnage. Pour certains, un remède contre le trac. Pour d'autres, la frontière du réel. Une clôture invisible, qu'ils brisent parfois d'une réplique s'adressant à la salle. » (Le Quatrième Mur)

« Quelque chose avait changé dans la pièce, dans mon cœur. Une fenêtre invisible s'était ouverte, laissant entrer le vent, l'hiver, le froid, le soulagement, surtout. J'avais la main sur mon inhalateur, mais je respirais normalement. J'avais enfin mis des mots sur mon silence. Et j'avais été entendu. » (Profession du père)

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