Marc Dugain

Biographie de Marc Dugain

Auteur de nationalité française né au Sénégal en 1957, rien ne prédisposait Marc Dugain à une carrière d’écrivain. À peine âgé de sept ans, il revient en France où il tient compagnie à son grand-père maternel, qu’il accompagne régulièrement à la Maison des Gueules Cassées, un château situé à une quarantaine de kilomètres de Paris, dans le village de Moussy-le-Vieux, où les combattants défigurés de la Première Guerre mondiale étaient soignés et accueillis. Il poursuit ensuite des études à l’Institut d’études politiques de Grenoble dont il ressort diplômé en tant qu’expert-comptable. Après une carrière florissante dans la finance au sein des Caisses d’Épargne, il se dirige vers l’aéronautique et devient entrepreneur. Il dirigera notamment deux compagnies aériennes.

Malgré une carrière professionnelle prospère, Marc Dugain se lance, à 35 ans, dans l’écriture d’un premier roman qu’il consacre à la vie et au destin de son grand-père, mutilé au visage lors de la guerre. La Chambre des officiers, qui parait en 1998 aux éditions Jean-Claude Lattès, rencontre un succès fulgurant et phénoménal. Ce roman de moins de 200 pages fait l’unanimité et remporte pas moins de 20 prix littéraires, dont le prix des libraires ou encore le prix des Deux-Magots. Dans son œuvre, Marc Dugain suit le parcours d’Adrien, un jeune ingénieur devenu lieutenant durant la guerre 14-18. Défiguré par un éclat d’obus, il ne connaitra pas la guerre et ses tranchées. Son monde se réduit à présent à une chambre sans miroir où les « gueules cassées » sont regroupées et soignées. Il y restera pendant près de cinq ans et y fera la connaissance d’autres officiers mutilés, qui l’aideront, avec l’aide du corps médical, à se reconstruire et à réapprendre à vivre avec son nouveau visage. Marc Dugain décrit avec subtilité et compassion le quotidien difficile des blessés de guerre pour qui le combat ne se déroule désormais plus sur le terrain, mais dans leur tête. Son style épuré et sans effusions sentimentales a fait de La Chambre des officiers une œuvre touchante, honnête et puissante qui attire immédiatement l’attention du lectorat. Fort de ce succès en librairie, le roman sera adapté au cinéma en 2001 par François Dupeyron.

Après cette première expérience couronnée de succès, Marc Dugain décide de se consacrer pleinement à l’écriture, et publie ensuite de nombreux autres romans et nouvelles. En 2000, parait Campagne anglaise, dans lequel l’auteur met en scène un homme d’affaires dans la quarantaine en proie à la solitude et en quête de la femme de sa vie. Avec La Malédiction d’Edgar, Une exécution ordinaire ou encore L’Avenue des géants, Marc Dugain rompt avec le roman court et se lance dans des ouvrages plus longs, plus détaillés et ancrés dans des contextes historiques plus contemporains. Il y raconte les destins aussi variés que fascinants de personnages illustres tels que John Edgar Hoover, patron du FBI pendant près de 50 ans, ou Edmund Kemper, un serial killer américain incarcéré pour les meurtres présumés de dix personnes. Dans Une exécution ordinaire, c’est le pouvoir en Russie qui est analysé, depuis le régime stalinien jusqu’à l’accession au pouvoir de Poutine ; un roman qui fut d’ailleurs porté à l’écran en 2010 par l’écrivain même.

En 2014, Marc Dugain publie L’Emprise, qui constitue le premier tome d’une trilogie abordant les dangers des jeux de pouvoir et d’argent et les conséquences désastreuses qu’ils peuvent engendrer. Inspiré de l’affaire Karachi, la trilogie entend dénoncer un système corrompu et dévoiler les dessous du monde politique. Le deuxième volet, Quinquennat, est paru aux éditions Gallimard en 2015.

Citations de Marc Dugain

« Les journalistes sportifs me rendent dingue. Je n’ai jamais vu des gens parler autant, alors qu’ils ont si peu à dire. » (Avenue des géants)

« Le sentiment que la vie vous a quitté de votre vivant est l’expression de la solitude absolue. Personne ne peut ni le comprendre ni le partager. » (Avenue des géants)

« Dans cette grande salle sans glace, chacun d’entre nous devient le miroir des autres. » (La Chambre des officiers)

« De tout temps, les lieux investis par le pouvoir ont été conçus pour être imposants et parfois même péremptoires. L’individu doit avoir le sentiment de s’y dissoudre. » (L’Emprise)

« Il ressentait juste une sorte de précaution jalouse où elle tenait un rôle indéfinissable à mi-chemin entre le passe-temps et le fantasme. » (L’Insomnie des étoiles)

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