Alphonse Daudet

Biographie de Alphonse Daudet

Grand écrivain et auteur dramatique français, Alphonse Daudet est né le 13 mai 1840 à Nîmes dans une famille catholique et légitimiste (favorable au rétablissement de la royauté). Son père Vincent Daudet est tisserand et négociant en soieries tandis que sa mère Adeline est la fille d’Antoine Reynaud, un riche négociant en soie ardéchois. Alphonse passe la majeure partie de son enfance à Bezouce, un petit village situé dans le Gard. Toute la famille s’installe à Lyon en 1849 après que son père ait dû fermer sa fabrique. Alphonse lancé dans ses études doit finalement renoncer à passer son baccalauréat après la faillite de son père en 1855. Cette période difficile lui inspirera son premier roman autobiographique, Le Petit Chose (1868), dans lequel se trouvent mêlées fiction et réalité.

Alphonse rejoint son frère Ernest à Paris en novembre 1857, à l’âge de 17 ans, pour se lancer dans une carrière littéraire. Sans argent, il mène une joyeuse vie de bohème et intègre des salons littéraires et mondains où il fréquente notamment une des dames de l'impératrice Eugénie, ce qui lui vaudra une affection syphilitique dont les complications l'obligeront à marcher avec des béquilles. Il collabore avec différents journaux comme Paris-Journal, L'Universel ou encore Le Figaro et publie un recueil de vers, Les Amoureuses, en 1858. La même année, il rencontre Marie Rieu, une jeune modèle avec qui il commence une liaison. Celle-ci lui inspirera d’ailleurs le personnage de son roman Sapho (1884).

En 1860, il passe rapidement dans le monde politique en étant engagé comme secrétaire du duc de Morny (demi-frère de Napoléon III, 1811-1865) et président du Corps législatif. Ce travail est particulièrement bénéfique à Alphonse, puisqu’il lui laisse le temps d’écrire (notamment des contes et des chroniques). Cependant, sur les conseils de son médecin concernant sa syphilis, il quitte Paris pour des climats plus cléments et multiplie les excursions en Algérie, en Corse et en Provence. Après la mort du duc de Morny en 1865, Alphonse Daudet se consacre à l'écriture comme chroniqueur au journal Le Figaro, mais également comme romancier. En 1867, il épouse Julia Allard, une femme de lettres, poète et journaliste, avec qui il aura trois enfants : Léon qui jouera un grand rôle dans la vie littéraire et politique française, Lucien et Edmée.

Après avoir voyagé en Provence, l’auteur, en collaboration avec son ami Paul Arène (poète provençal et écrivain français, 1843-1896) que les spécialistes de l’histoire provençale décrivent comme le nègre d’Alphonse, entame l'écriture des premiers textes des Lettres de mon moulin, qui seront publiés dans le journal L'Événement, comme feuilleton pendant tout l'été 1866, sous le titre de Chroniques provençales. Certains de ces récits sont devenus particulièrement populaire dans la littérature française, comme La Chèvre de monsieur Seguin, Les Trois Messes basses ou L'Élixir du Révérend Père Gaucher. Son œuvre est multiple et complète, Alphonse se consacrant aussi bien à la nouvelle et qu’au conte avec notamment Tartarin de Tarascon en 1872 et Contes du lundi (un recueil de contes sur la guerre franco-allemande de 1870) en 1873, mais également au roman et au théâtre (il est l'auteur de dix-sept pièces).

En 1879, Daudet est atteint de Tabes dorsalis, une complication neurologique de la syphilis entrainant une dégénérescence de la moelle épinière. Néanmoins, il continue de publier jusqu'en 1895. Il décède le 16 décembre 1897 à l'âge de 57 ans et est enterré au cimetière du Père-Lachaise (20e arrondissement) à Paris.

Citations de Alphonse Daudet

« Où serait le mérite si les héros n'avaient jamais peur ! » (Tartarin de Tarascon)

« M. Seguin n'avait jamais eu de bonheur avec ses chèvres. Il les perdait toutes de la même façon : un beau matin, elles cassaient leur corde, s'en allaient dans la montagne, et là-haut le loup les mangeait. » Lettres de mon moulin (La Chèvre de Monsieur Seguin)

« Ah! Ces anciennes maitresses, une fois mariées, il n'y a pas plus bégueules qu'elles. » Lettres de mon moulin (Le Portefeuille de Bixiou)

« Relire un livre, aux différents âges de la vie, c'est réviser un procès dont le juge a vieilli et qui se juge lui-même. » (Le Petit Chose)

« L'œuvre qu'on portait en soi parait toujours plus belle que celle qu'on a faite. Tant de choses se perdent en ce voyage de la tête à la main ! » (Contes du lundi)

« Autour de nous, les étoiles continuaient leur marche silencieuse, dociles comme un grand troupeau ; et par moments je me figurais qu'une de ces étoiles, la plus fine, la plus brillante, ayant perdu sa route, était venue se poser sur mon épaule pour dormir. » (Lettres de mon moulin)

« Tartarin n’était pas un menteur. Comme tout homme du midi, il ne ment pas, il se trompe ! » (Tartarin de Tarascon)

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