Joseph Kessel

Biographie de Joseph Kessel

Joseph Kessel (1898-1979) est un romancier-reporter français de la même trempe que ses contemporains et confrères Ernest Hemingway ou Albert Londres. Considérant le monde comme un gigantesque terrain d’aventures, il passe sa vie à écrire et à voyager aux quatre coins du globe.

Après avoir vécu une enfance à l’étranger et entamé une licence de Lettres en France, il devient l’un des premiers grands reporters. En 60 ans de carrière journalistique, il rédige près de 80 romans d’aventures, sans compter les innombrables articles couvrant les actualités et les faits divers qui secouent ou font la grandeur du XXe siècle. Engagé volontaire lors de la Première Guerre mondiale, il en tirera L’Équipage (1923), son premier succès romanesque. Durant le second conflit mondial, Kessel, qui est juif, se sent menacé, aussi participe-t-il à sa manière à la Résistance : il écrira, en collaboration avec son neveu Maurice Druon, ce qui allait bientôt devenir le chant de ralliement des résistants : Le Chant des Partisans (1943).

Parmi ses autres écrits figurent Les Captifs (1926, grand prix de l’Académie française, qu’il intègrera en 1962), Belle de jour (1928, adapté au cinéma par Luis Buñuel), L’Armée des ombres (une chronique de la Résistance à laquelle il prit part, parue en 1944), Le Lion (1958, qui lui assure un succès international), Les Cavaliers (1967). Ses thèmes de prédilection sont la violence et l’héroïsme, deux composantes de choix pour construire des intrigues de romans d’aventures. Un prix littéraire est attaché à son nom : il récompense chaque année un auteur de langue française.

Citations de Joseph Kessel

  • « Il avait vingt ans. C’était son premier départ pour le front. Malgré les récits qu’il avait entendus au camp d’entraînement, malgré un sens aigu des réalités, sa jeunesse n’acceptait pas la guerre sans l’habiller d’une héroïque parure. » (L’Équipage)
  • « L’amitié est un exercice de l’âme que les femmes ne pratiquent pas. » (Belle de jour)
  • « La France est une prison. On y sent la menace, la misère, l’angoisse, le malheur comme une voûte pesante et qui s’affaisse chaque jour davantage sur les têtes. La France est une prison, mais l’illégalité est une évasion extraordinaire. Les papiers ? On les fabrique. Les tickets d’alimentation ? On les vole, dans les mairies. Voitures, essence ? On les prend aux Allemands. Gêneurs ? On les supprime. Les lois, les règles n’existent plus. L’illégal est une ombre qui glisse à travers leur réseau. Plus rien n’est difficile, puisque l’on a commencé par le plus difficile : négliger ce qui est essentiel : l’instinct de conservation. » (L’Armée des ombres)
  • « Alors, avec une stupeur émerveillée, où, instant pas instant, se dissipait ma crainte, je vis dans le regard que le grand lion du Kilimandjaro tenait fixé sur moi des expressions qui m’étaient lisibles, qui appartenaient à mon espèce, que je pouvais nommer une à une : la curiosité, la bonhommie, la bienveillance, la générosité du puissant. » (Le Lion)
  • « Tout le chagrin de Himmler venait non point de ce qu’il avait des millions de Juifs à détruire, mais de ce que Hitler ne lui faisait plus une entière confiance pour mener à bien cette tâche, cet holocauste où devaient périr, par millions, hommes, femmes et enfants juifs, et que Himmler offrait à son idole. » (Les Mains du miracle)
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