Aram Kebabdjian

Biographie de Aram Kebabdjian

Aram Kebabdjian, né en 1978, est un auteur assez mystérieux : peu d’informations sont connues à son sujet. Titulaire d’un doctorat en histoire de la philosophie, il a développé sa thèse autour de Kant et la géographie.

Il mène également une carrière artistique. Photographe professionnel, il est aussi antiquaire et marchand de livres anciens. Il vit entouré d’éditions originales, de livres précieux et de tableaux de grande valeur, et c’est dans cet environnement qu’il a eu l’idée de son premier roman, Les Désœuvrés, paru en 2015. La même année, son ouvrage a reçu le Grand prix SGDL (Société des Gens de Lettres) du premier roman, parmi les prix Révélation.

L’intrigue de ce roman prend place dans un univers paradoxal, au sein d’une ville sans nom et d’un pays fantôme. Dans cette cité, la culture est le pilier de la vie sociale : les galeries, les musées et les artistes sont les lieux et les figures les plus importants dans la ville et revêtent une grande influence. Le lecteur y suit le parcours de plusieurs artistes contemporains, qui appartiennent à toutes les tendances de l’art moderne (sculpture, vidéo, peinture, installations, etc.). L’un d’eux crée une nouvelle variété d’insecte, à mi-chemin entre le moustique et le papillon, un autre installe des sculptures piégées et dangereuses, ou un autre encore écrit des poèmes à partir de transcriptions phonétiques.

Chaque œuvre est présentée dans un chapitre qui lui est dédié, ainsi qu’à son créateur, et, outre les artistes, une foule de personnages apparaissent et jouent un rôle au sein de cette société nouvelle. Galeristes, critiques d’art, journalistes, public, collectionneurs ou dirigeants, tous ont un mot à dire à propos des œuvres d’art.

Mêlant ironie et sarcasme à propos du monde de l’art contemporain, Aram Kebabdjian dénonce les travers de la société actuelle avec un style riche et précis.

Citations de Aram Kebabdjian

« On ne peut pas continuellement se refuser ce que l’on désire. Autant se tuer tout de suite. Vous vivez en vase clos. Il vous faut retrouver le chemin de la société et faire en sorte que vos désirs fructifient. » (Les Désœuvrés)

« Comme ces pies qui picorent ce qui brille pour l’accrocher à leur nid, le collectionneur accole ses images les unes aux autres, sans tisser de relation profonde. Éternel enfant, il associe ce qui se ressemble, mais n’avance vers rien d’essentiel. » (Les Désœuvrés)

« Donnez tout ce que vous pouvez à vos enfants, ils jugeront toujours préférable de vous humilier en guise de remerciement. » (Les Désœuvrés)

« La beauté en ce bas monde ne pouvait servir à rien sinon d’écrin à la laideur. » (Les Désœuvrés)

« Et, à considérer les choses en toute objectivité, la réalité était bien pire encore : comme si le simple fait de vouloir s’en prémunir provoquait la faute, Dolorès constatait que les petites bévues qu’elle n’arrivait pas à contenir brillaient d’autant mieux qu’elles étaient mises en valeur par le fond uniformément irrépréhensible de sa conduite. » (Les Désœuvrés)

« La réussite, en soi, est un mauvais présage. Tandis que dans l’adversité, il n’y a plus rien à craindre, on est au fond du trou. » (Les Désœuvrés)

« La démocratie culturelle incitait à la libre expression des individualités – il suffisait de s’acclimater à ce mode d’expression abscons, parfois absurde, mais toujours amusant qu’exigeait la machine bureaucratique pour que l’on vous ouvrît les Champs-Élysées de la création. » (Les Désœuvrés)