Driss Chraïbi

Biographie de Driss Chraïbi

Driss Chraïbi est né le 15 juillet 1926 à El Jadida au Maroc. Avant de venir étudier la chimie à Paris en 1945, il est scolarisé dans une école coranique à Casablanca, puis dans l’école M’hammed Guessous à Rabat. Avant de s’intéresser à la littérature, Driss Chraïbi porte son intérêt sur les sciences et sur la neuropsychiatrie. Diplômé en 1950 en ingénierie, il travaille pourtant par la suite pour France Culture et commence à écrire.

Son premier roman, Le Passé simple, parait en 1954 et rencontre un certain succès en France. L’année suivante, sort Les Boucs, roman qui traite du colonialisme du Maroc par la France, qui reçoit un accueil mitigé de la part de sa mère patrie. Très attaché aux thèmes tournant autour du colonialisme, du racisme, de l’islam et de la précarité, l’écrivain poursuit sa carrière littéraire en écrivant des romans qui s’inspirent de son enfance et qui remettent en question les évènements historiques de l’époque. Il publie ainsi :

  • L’Ane (1956), qui traite du mouvement d’indépendance en Afrique coloniale ;
  • De tous les horizons (1958) ;
  • La Foule (1961), qui critique le général de Gaulle ;
  • Succession ouverte (1962), qui est l’occasion pour l’auteur de revenir sur sa relation avec son père ;
  • La Civilisation, ma mère !... (1972), qui traite de la condition de la femme au Maroc ;
  • Mort au Canada (1975) ;
  • La Mère du printemps (1982), qui raconte l’arrivée de l’islam en Occident ;
  • Naissance de l’aube (1986), qui est un roman historique sur l’arrivée des musulmans en Europe ;
  • L’Homme du livre (1995), qui met en scène le prophète Mahomet.

À partir de 1981, Driss Chraïbi commence une série de romans policiers qui rapporte les enquêtes de l’inspecteur Ali. Il publiera ses aventures jusqu’en 2004 avec un ultime volume, L’Homme qui venait du passé, qui revient sur la mort d’Oussama Ben Laden. Parallèlement à ces récits fictionnels, l’écrivain entreprend également de rédiger ses mémoires qui paraissent en 1998 et 2001 sous les titres Vu, lu, entendu et Le Monde à côté. Grand contributeur à la littérature marocaine francophone, Driss Chraïbi décède le 1er avril 2007 en France et repose aux côtés de son père dans un cimetière de Casablanca.

Citations de Driss Chraïbi

« Toutes questions posées, toutes réponses apportées, finit l’Histoire des hommes. Commence alors le règne de l’imaginaire : la montée des rêves et des doutes salutaires à l’assaut des certitudes. » (L’Homme du livre)

« Quand on devient adulte, on oublie souvent d'être soi-même, reniant du même coup nos rêves d'enfants et les idéaux de notre adolescence. Et on est plus du tout soi-même dès que l'on dispose d'une parcelle de pouvoir. La religion nous tient lieu d'humanité, avec ses interdits, ses garde-fous et ses tabous. » (L’Homme qui venait du passé)

« Il y a l'émotion et la qualité de l'émotion. Des émotions, bien que sincères, ne nous touchent guère ; d'autres, et nous savons qu'elles ne sont qu'expressions théâtrales, nous empoignent. » (Le Passé simple)

« Dominant le port et la ville de Tingis telle une vigie, une petite maison solitaire bâtie sur la corniche. Assis dans le patio à ciel ouvert, les jambes allongées sous une table basse et ronde, le général Tariq Bnou Ziyyad prenait son petit déjeuner dans un concert d’oiseaux saluant le lever du soleil. » (Naissance à l’aube)

« Je ne dis rien. Le silence est une opinion. » (Succession ouverte)

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