Enseigner la littérature à l’ère numérique

dans TICE, publié le 14/11/2012

Avec l’intégration des technologies  numériques à notre quotidien, de nombreux domaines d’activité ont été amenés à repenser leur fonctionnement. L’enseignement n’y fait pas exception et le 19è salon  de l’Éducation de Namur l’a bien compris en proposant à ses visiteurs  une section entièrement consacrée aux TICE (Technologies de l'Information et de la Communication pour l'Éducation).

Pourtant, si des solutions existent pour aider le monde scolaire à prendre le train du virtuel, encore faut-il que les professeurs les plébiscitent et les exploitent.  Car même sur de bons rails, l’avènement de la Toile représente pour eux aussi bien une révolution radicale dans leur métier qu’une source de nouveaux problèmes, auxquels ils doivent faire face.

Le professeur de français face au numérique : interrogations et transposition

Prenant l’exemple du français, discipline réputée très conservatrice,  David Vrydaghs (professeur de littérature française et de didactique aux FUNDP) tenait à apporter des éléments de réponse aux questions suivantes : qu’est-ce qu’un cours de français à l’heure d’Internet ?  L’école ne possédant plus le monopole du savoir, le web doit-il être perçu comme une menace, avec sa diffusion massive et gratuite d’information ?  De plus, être professeur a-t-il encore un sens, compte tenu de cette situation ?

À partir d’un célèbre exemple de corruption, l’intervenant a d’abord voulu démontrer le manque de pertinence de cette dernière question : oui, l’enseignant a encore une utilité même si l’essence de ses cours peut se retrouver facilement à portée de clic. En effet, la véritable valeur ajoutée du métier ne se trouve tellement au niveau du contenu apporté aux élèves mais davantage au niveau de la forme : en clair,  l’adaptation et le choix critique des renseignements à apporter aux apprenants (c’est-à-dire la transposition didactique) constitue une compétence primordiale de la profession, qu’il ne faudrait pas voir bannir des établissements scolaires.

Apprendre à percevoir le vrai du faux

Il est vrai qu’Internet transmet plus rapidement et gratuitement des savoirs sur lequel tout enseignant de français devrait passer plus de temps  en classe comme par exemple, la lecture et l’analyse d’un texte. Mais le professeur dispose d’une capacité qui manque cruellement à la Toile et de manière générale, aux élèves qui la parcourent : le discernement. En effet, ceux-ci ont tendance, quelles que soient les raisons, à s’en remettre au web pour réaliser leurs devoirs le plus rapidement possible. Ils ne conçoivent souvent pas que cet outil peut contenir des éléments erronés. L’école doit dès lors éduquer ses membres à une utilisation raisonnée de cette mine d’informations. Le professeur de français, avec ses aptitudes à la recherche et le contenu au final très malléable de son programme, peut jouer un rôle-clé dans ce but.

Internet comme complément

On a tendance à l’oublier mais Internet peut aussi s’avérer être un formidable complément à l’enseignement et permettre des interactivités inimaginables auparavant.  Du lien de Loft Story avec Marivaux, à l’étude de l’autobiographie via Facebook, en passant par l’introduction à la parodie par le biais de Youtube,  les possibilités peuvent être nombreuses avec un peu de créativité. Et comme dans toute bonne chose, de modération.