L'auteur du mois : Raymond Queneau

dans Auteurs, publié le 21/03/2013

 

Ce mois-ci, nous avons décidé de mettre à l’honneur l’un des auteurs au programme du bac de français: Raymond Queneau. Il est l’auteur du livre-phare que vous étudiez cette année : Zazie dans le métro

Vous pensez que la littérature et les mathématiques sont deux disciplines qu’il est impossible de lier ? Eh bien, détrompez-vous : Raymond Queneau l’a fait ! Véritable expérimentateur, il a mis au point de nombreuses techniques toutes plus farfelues les unes que les autres pour renouveler la littérature. Partons donc à la rencontre de cet extraterrestre de la littérature. 

 

Un homme insaisissable

Raymond Queneau (1903-1976) fut un homme aux multiples facettes qui s’est intéressé à de nombreux domaines : les mathématiques, la littérature, les sciences, etc. C’est, d’après Jean d’Ormesson (écrivain et journaliste français), « le plus savant des mystificateurs [et] le plus gai des érudits ». 

Au cours de sa vie, il a adhéré à plusieurs courants littéraires, tels que le surréalisme ou la pataphysique, et a fini par s’en distancier. La raison est simple : ceux-ci ne lui permettaient pas de développer le potentiel de son écriture. Sa carrière est également impressionnante puisqu’il a exercé de nombreux métiers : employé de banque, journaliste, professeur de français, directeur de la collection « La Pléiade » aux éditions Gallimard, etc. 

En bon curieux, il fut membre à de nombreuses académies et sociétés. En 1948, il adhère notamment à la Société Mathématique de France ; quelques années plus tard, il est élu à l’Académie Goncourt. Notons également la création, avec Boris Vian, de l’Académie de la Moule poilue, dont nous vous tairons les visées. 

 

L’expérimentateur

Puisqu’aucun courant littéraire ne lui convenait, il créa, avec l’aide de son ami François Le Lionnais, l’OULIPO, en 1960. Les auteurs qui s’y ralliaient devaient se plier à certaines contraintes pour produire des textes d’un nouveau type. Queneau a ainsi rédigé Les fleurs bleues (1965) en suivant une architecture mathématique rigoureuse. Mais, l’ouvrage le plus remarquable est sans aucun doute les Cent Mille Milliards de poèmes (1961). Comme le dit l’auteur, « c’est somme toute une sorte de machine à fabriquer des poèmes, mais en nombre limité ; il est vrai que ce nombre, quoique limité, fournit de la lecture pour près de deux cent millions d’années (en lisant 24h/24) », excusez du peu !

 

La langue

Raymond Queneau s’est beaucoup intéressé à la langue. Son grand rêve était de rapprocher le langage littéraire et la langue parlée, ce qui, nous en sommes surs, vous plairait beaucoup. Pour ce faire, il a proposé la création d’une orthographe plus phonétique. Il juge que « l’orthographe est plus qu’une mauvaise habitude, c’est une vanité ». Le roman Zazie dans le métro (1959) montre clairement ce travail puisqu’il joue avec les mots, l’orthographe et les tournures orales. Le cinéaste français Louis Malle a eu la lourde tâche de transposer le roman à l’écran (analyse bientôt disponible !). Notez également l’existence d’une adaptation en bande dessinée du roman réalisée par Clément Oubrerie.

 

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(La photo de cet article est issue du Fonds Jean-Marie Queneau/diff. éditions Gallimard)