Les 10 morts les plus horribles de la littérature

dans Auteurs, publié le 21/01/2014

"Ils furent heureux et eurent beaucoup d'enfants"…

Malheureusement (ou non), dans la vraie vie, comme dans la littérature de qualité, cela n'est pas le cas. Il fait sombre et l’on se confronte à l’horrible et à l’irrémédiablement épouvantable. Si ce n’est en permanence, au moins de temps en temps, notamment au stade de la mort. La littérature a capturé cet angoissant gémissement morbide, la fin des fins, mieux que la plupart des formes d'art. Ainsi, les estomacs tordus et les mâchoires bien serrées, nous vous offrons les 10 décès les plus horribles de la littérature.

Il va sans dire que vous trouverez dans la liste suivante des spoilers à gogo !

1. L'étranger d'Albert Camus

Le personnage de Mersault, anti-héros cryptique et quidam énigmatique dont les actions sont diamétralement opposées aux conventions de la société, constitue le coup de maître de la fiction. En effet, pourquoi a-t-il tué l'Arabe qu'il reconnaît sur une plage, en lui tirant dessus à plusieurs reprises sans émotion, alors même qu'il sait que celui-ci est déjà mort? C'est là que réside décennies d'angoisses existentielles.

2. Crime et Châtiment de Dostoïevski

Les lecteurs sont divisés à propos de Rodion Raskolnikov, le héros du chef d'oeuvre de Dostoïevski. Est-il un jeune rebelle à l'âme troublée ou simplement un meurtrier raciste? Cette question, à laquelle nous ne pourrons jamais répondre correctement, n'est pas la seule à poser problème puisque le lecteur s’interroge aussi sur l’abominable manière dont Rodion tue la prêteuse sur gages Alyona Ivanov avec une hache.

3. Des Souris et des Hommes de John Steinbeck

Lennie Small n'a pas vraiment inventé la poudre mais sa nature amicale produit une forte empathie chez le lecteur. C'est pourquoi sa mort, engendrée par son meilleur ami George dans le but de lui épargner un lynchage, reste une des plus choquantes. Lennie se fait tirer dans le dos de la tête, alors qu'il pense aux petits lapins de sa future ferme.

4. La Ferme des Animaux de George Orwell

Après avoir défendu la réputation de Boule de Neige en exil, Malabar, le cheval, est obligé de travailler et travailler encore, jusqu'à ce qu'il s'effondre tout simplement. Les cochons, qui ont maintenant sombré dans la dictature brutale, expliquent aux autres animaux que le cheval est chez le vétérinaire. En réalité, ils l’ont envoyé à l'abattoir, en échange d'une caisse de whisky.

5. Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur de Harper Lee

Ce qui est inquiétant dans la mort de Tom Robinson est son côté terriblement inévitable. Après avoir été faussement reconnu coupable d'avoir violé Mayella Ewell, Robinson tente de s'échapper mais est abattu par les gardiens de prison. C’est ainsi que résonne le dernier chant de l'oiseau moqueur.

6. Sa majesté des mouches de William Golding

Les choses n'allaient jamais bien finir pour le pauvre Porcinet. Complexé par son gros corps, ou vaste ossature, il se voit frappé par un rocher vers la fin de la majestueuse allégorie de Golding. Merci beaucoup, Destin !

7. Les Misérables de Victor Hugo

La baignade du désespéré Javert dans la Seine est la seule chose honorable que l'inspecteur accomplit dans l'oeuvre de Victor Hugo. Lorsque Jean Valjean lui montre que la réhabilitation est possible, il se précipite du haut du Pont Notre-Dame pour se noyer, abandonné de toutes ses certitudes.

8. Madame Bovary de Gustave Flaubert

L’histoire d’Emma Bovary constitue l’archétype romantique de l’existence vouée à l'échec. Sa vision de l'idylle, faussée par trop de romans vides de sens, elle se lance dans une série d'amours catastrophiques. Son goût de la bonne vie la conduit à sa perte et, se trouvant dans l'impasse, elle se suicide en avalant de l'arsenic. Une mort lente et douloureuse… 

9. Le Portrait de Dorian Gray d'Oscar Wilde

L'artiste Basil Hallward peint le portrait du vaniteux Gray, qui déclenche une spirale d'événements malheureux. Quand Gray se lamente sur sa débauche décadente, il poignarde Hallward en croyant que la peinture est à l'origine de tous ses problèmes. Un prix bien trop élevé, même pour un chef d'œuvre !

10. La Bête Humaine de Zola

Jacques Lantier est une bête meurtrière qui résiste difficilement aux multiples impulsions qui le poussent à faire du mal tout au long de sa vie. Après avoir été blessé dans un accident de train, Séverine s'occupe de lui et le remet sur pied. Mais Lantier, incapable de contrôler son penchant meurtrier, finit par la poignarder et profite de ce spectacle, se délectant de la vue de son sang. Quel homme reconnaissant !

 

Et selon vous, quels sont les autres décès littéraires que vous considérez comme particulièrement horribles?