L'auteur du mois : Denis Diderot

dans Auteurs, publié le 08/10/2013

Il y a 300 ans naissait Denis Diderot, figure emblématique des écrivains philosophes. De nature très curieuse, il s’est intéressé à des sujets divers et variés : la littérature, la politique, la musique, l’art … et même le libertinage ! Véritable provocateur, il n’a cessé de défendre ses idées, ce qui le fit passer plusieurs fois par la case prison. LePetitLittéraire.fr vous propose de suivre ensemble les traces de cet incroyable érudit.

Denis Diderot, le trublion

Diderot est né en 1713 dans une famille issue de la petite bourgeoisie provinciale. Destiné à une carrière ecclésiastique, il reçut la tonsure et devait poursuivre des études de théologie pour succéder à son oncle chanoine. Mais, il décida de quitter sa famille et de fuir à Paris où il vécut pendant quelque temps une vie de bohème. 

 

Son entrée en littérature s’est faite par le biais de traductions d’ouvrages anglais qui lui valurent ses premières reconnaissances. Fort de ce nouveau succès, il s’essaya à la rédaction d’ouvrages originaux et publia en 1746 Les Pensées philosophiques qui décrivent les croyances d’un chrétien, d’un déiste, d’un sceptique et d’un athée. L’œuvre fut immédiatement condamnée à être brûlée. Peu de temps après, il écrivit La Promenade du sceptique qui fut également saisi. Il s’essaya ensuite au roman libertin avec Les Bijoux indiscrets dans lequel il faisait parler les sexes féminins, grâce à un pouvoir magique. En bref, un bon début de carrière !

 

Les démêlés avec la justice ne s’arrêtèrent pas là. En effet, il disséminait dans ses œuvres des réflexions philosophiques et politiques jugées dangereuses, voire sacrilèges, par les autorités. La Lettre sur les aveugles à l’usage de ceux qui voient (1749), dans laquelle il avoua quelque peu son athéisme, lui valut une peine de prison de 3 mois et, à sa sortie, il promit « de ne rien faire à l’avenir qui puisse être contraire en la moindre chose à la religion et aux bonnes mœurs ». Vous vous doutez qu’il n’a pas respecté cette promesse …  

 

L’Encyclopédie, l’ouvrage emblématique des Lumières

En 1747, Diderot reçut du libraire André-François Le Breton, la mission de traduire l’ouvrage de Chambers, Cyclopaaedia (1728). Ce projet donna naissance à L’Encyclopédie (1751-1772) qui devait rassembler toutes les connaissances et les pratiques connues à l’époque. Elle fut rédigée par plus de 150 érudits, comprenait plus de 70 000 articles et valut à Diderot de nombreux problèmes. Il fut emprisonné parce que les autorités jugeaient l’entreprise trop dangereuse et l’ouvrage fut interdit. Il se querella également avec des amis, notamment avec Rousseau qui quitta prématurément l’aventure. Mais il en fallait plus pour qu’il abandonne le projet. Il y travailla pendant une vingtaine d’années et l’ouvrage se répandit à travers l’Europe.  

 

Diderot et la littérature

Son œuvre littéraire est protéiforme : il s’essaya au roman, au théâtre, à la critique, etc. Il parvint à lier de façon remarquable philosophie et littérature avec, par exemple, Le Rêve de d’Alembert où il développe ses pensées matérialistes. Il excella dans l’art du dialogue avec Jacques le fataliste et son maitre (1796) ou Le Neveu de Rameau. Au théâtre, il s’illustre dans le drame bourgeois et développe une réflexion sur le jeu des acteurs dans Le Paradoxe sur le comédien. Malheureusement, ses pièces étaient jugées trop provocantes pour être jouées à la Comédie française. Par ailleurs, il fut également à l’origine d’un nouveau genre grâce à ses critiques d’art destinées aux lecteurs qui ne pouvaient se rendre au musée pour admirer les tableaux.

 

Malgré la richesse de son œuvre, Diderot ne fut reconnu de son vivant que comme directeur de L’Encyclopédie. Mais heureusement, les siècles suivants ont rendu hommage à son talent littéraire.

 

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