L'auteur du mois : Boris Vian

dans Auteurs, publié le 18/04/2013

 

Ce mois-ci sort l’adaptation de L’Écume des jours, réalisée par Michel Gondry avec Romain Duris, Audrey Tautou, Gad Elmaleh et Omar Sy. Profitons donc de cet évènement pour vous parler de son auteur, Boris Vian.

Écrivain fantasque incompris et ignoré de son vivant, il est aujourd’hui unanimement reconnu en littérature et son roman, L’Écume des jours, est devenu un classique. Découvrons ensemble ce personnage haut en couleur et pourtant terriblement malheureux.

 

Je serai content quand on dira […] V comme Vian (extrait des Cantilènes en gelée, 1950)

Boris Vian (1920-1959) était un homme comme il en existe très peu. Derrière ses textes souvent drôles se cachait pourtant un homme profondément malheureux. Et pour cause, sa vie fut digne d’une tragédie moderne. D’une santé très fragile, il était surprotégé par ses proches. Mais cela ne l’empêcha pas de cultiver son gout pour la fête et le jeu.

Artiste aux nombreux talents, il fut à la recherche de reconnaissance durant toute sa vie. Sa production littéraire fut très riche (pièces de théâtre, romans, poèmes, etc.) et sujette à de nombreux pseudonymes. Malheureusement, les œuvres publiées sous son vrai nom ne parvenaient pas à toucher le public de l’époque. Il essuya ainsi de nombreux refus de la part d’éditeurs, mais fut soutenu par Raymond Queneau qui appréciait le génie de son ami.    

 

Un roman maudit

Au début de sa carrière littéraire, Boris Vian publia J’irai cracher sur vos tombes (1946) sous le pseudonyme de Vernon Sullivan dont il affirmait en être le traducteur. Il s’agit d’une parodie des romans noirs américains qui fera couler beaucoup d’encre et sera la cause de la fin tragique de l’auteur. À sa sortie, le livre est jugé immoral et pornographique et Boris Vian fut rapidement attaqué en justice. Pour éviter la prison, il rédigea en vitesse le manuscrit anglais afin de faire croire qu’il n’en était pas l’auteur. Ce n’est qu’en 1948, après la loi d’amnistie, qu’il en reconnait la paternité. L’histoire ne s’arrête malheureusement pas là. La traduction anglaise est à nouveau poursuivie. Le livre fut ensuite interdit et il fut contraint à payer des indemnités qui le ruinèrent. Quelques années plus tard, une adaptation cinématographique est réalisée par Michael Gast et c’est au cours de la première séance que décède Boris Vian.           

 

La musique

L’écriture n’était pas son unique talent. En effet, il s’est découvert très tôt une passion pour la musique et a milité pendant toute sa vie pour le jazz, multipliant les articles et les émissions de radio.  

Doué d’une grande imagination, il inventa un instrument : le peignophone qui fonctionnait grâce à du papier à cigarettes et un peigne. Il a également composé et interprété de nombreuses chansons telles que « J’suis snob », « Les lésions dangereuses », « Fais-moi mal Johnny », « Le déserteur », etc.

À travers ses textes, Boris Vian n’a jamais hésité à se montrer provocant, parfois même piquant, pour défendre ses idées et montrer, à travers son écriture fantaisiste et poétique, tout ce qui n’allait pas dans notre société.

 

Retrouvez lePetitLittéraire sur Facebook et Twitter.