L'auteur du mois : Voltaire

dans Auteurs, publié le 08/05/2013

Le 30 mai 1778, il y a 235 ans, disparaissait François-Marie Arouet, mieux connu sous le nom de Voltaire, figure emblématique du Siècle des Lumières. Si le XVIIe siècle est le siècle de Louis XIV, le siècle suivant est incontestablement le siècle de Voltaire. LePetitLittéraire.fr rend aujourd’hui hommage à un homme qui ne mâchait pas ses mots…

Le combat contre l’Infâme

Derrière cet écrivain talentueux à la fois historien, poète et dramaturge ― on le présente souvent comme le digne successeur de Corneille et Racine ― il y a un intellectuel engagé. En effet, Voltaire n’a cessé de combattre l’arbitraire de la justice en servant des causes désormais célèbres comme celle de Jean Calas, affaire à l’origine de son Traité sur la tolérance. Son ennemi juré ? Voltaire le nomme l’Infâme. Ce terme très évocateur désigne le fanatisme religieux et les préjugés de toute sorte. Attention toutefois, Voltaire n’était pas athée mais il abhorrait les entraves à la pensée individuelle. Il n’a donc pas hésité à utiliser sa plume pour réclamer la justice. On peut imaginer que certaines remarques incisives ne devaient pas lui attirer la sympathie du pouvoir et ses démêlés politiques lui auront valu d’être enfermé à plusieurs reprises. Aussi, lorsque l’on s’interroge sur l’origine de « Voltaire », si l’hypothèse de l’anagramme à partir de François Arouet est la plus vraisemblable, on ne peut se résoudre à rejeter complètement l’idée que ce pseudonyme puisse également dériver du syntagme verbal signifiant en ancien français celui que l’on « voulait faire taire » (vol-taire).

Un intellectuel au franc-parler

Une altercation avec le chevalier Rouan le forcera à l’exil. Jaloux de son succès, le chevalier aurait dit à l’écrivain « Arouet ? Voltaire ? Enfin, avez-vous un nom ? », la réplique de Voltaire ne se fait pas attendre : « Voltaire ! Je commence mon nom et vous finissez le vôtre ». Quelques temps après le fait, Voltaire est emprisonné à la Bastille avant d’être exilé en Angleterre.

En outre, s’il luttait contre L’Infâme, il arrivait également à Voltaire de s’opposer aux autres philosophes des Lumières. Ainsi, il n’a pas toujours fait preuve de tendresse envers Rousseau et celui-ci eut droit à une réponse en toute franchise alors qu’il demandait à Voltaire ce qu’il pensait du Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes. Sans détour, Voltaire répondit : « On n’a jamais employé tant d’esprit à vouloir nous rendre bêtes ; il prend envie de marcher à quatre pattes quand on lit votre ouvrage. Cependant, comme il y a plus de soixante ans que j’en ai perdu l’habitude, je sens malheureusement qu’il m’est impossible de la reprendre et je laisse cette allure naturelle à ceux qui en sont plus dignes que vous et moi. » (Lettre à Rousseau, 30 août 1755).

Voltaire aujourd’hui

Aujourd’hui, ce sont principalement les contes philosophiques de Voltaire qui sont lus et font l’objet de rééditions : Candide, Zadig, L’Ingénu, Le Monde comme il va ou encore Jeannot & Colin. Le comique y est omniprésent, il permettait à Voltaire de tourner le pouvoir en dérision sous le couvert du rire. Dans Candide, Pangloss enseigne la « métaphysico-théologo-cosmolonigologie » (jeu sur la longueur et la sonorité « nigaud »), dans Zadig, le décalage entre la faute commise et la punition qu’elle entraîne prête également au rire : « Il faut empaler Zadig pour avoir mal pensé des griffons, et l’autre pour avoir mal parlé des lapins », et enfin, dans l’Ingénu : « Mlle de Kerkabon […] disait en pleurant qu’il [l’Ingénu] avait le diable au corps depuis qu’il était baptisé ». La longévité du succès des contes de Voltaire tient probablement du fait que leur comique est intemporel.

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