L'auteur du mois : John Steinbeck

dans Auteurs, publié le 03/02/2014

Ce mois-ci, LePetitLittéraire.fr vous emmène en Californie, à la rencontre de John Steinbeck, auteur ayant reçu le prix Nobel de littérature en 1962, célèbre notamment pour ses romans Des souris et des hommes et Les raisins de la colère. Pour que ce voyage au cœur du « Golden State » soit réussi, commencez par vous plonger dans l’univers particulier de l’Ouest américain, plus communément appelé « Far West ». Imaginez-vous des plaines dorées qui s’étendent à perte de vue, où la sécheresse a arrêté le temps. La poussière en suspension dans l’air vous chatouille le nez. Un virevoltant, cette célèbre petite boule d’herbes desséchées chère aux westerns spaghettis, passe sur une route déserte. Le décor est planté.

Steinbeck, l’homme du terroir

John Steinbeck naît en 1902 à Salinas, en Californie, terre qui lui inspire la plupart de ses romans, dans une famille modeste d’origine irlandaise. Il entreprend des études à l’université de Stanford mais s’éloigne rapidement du parcours scolaire pour s’essayer à toutes sortes de métiers manuels typiques du monde rural : bucheron, maçon ou encore ouvrier agricole. Steinbeck connaît comme sa poche la vallée de la Salinas, à travers laquelle s’animent fermiers et pêcheurs passionnés. Il regarde la terre, la touche, entend les pulsations qu’elle émet et y puise l’énergie nécessaire à son écriture.

Une peinture réaliste de l’Ouest sauvage

Steinbeck fait de la terre son alliée et sa force. C’est elle qui l’inspire et le guide dans sa création littéraire. En 1937, il publie Des souris et des hommes, une étonnante fresque du milieu agricole qui dépeint avec réalisme le quotidien d’ouvriers, limités à l’espace de la ferme dans laquelle ils travaillent. Si Steinbeck est à l’écoute de la terre et de l’homme qui la façonne, il l’est aussi des animaux, véritables personnages de son célèbre roman. Steinbeck dresse un portrait certes peu flatteur mais pourtant objectif de l’Ouest sauvage, où l’homme et la bête, proches l’un de l’autre, évoluent dans un univers barbare et sont tous deux finalement engloutis de manière équivalente par le destin.

La ruée vers l’or : une expression revisitée

« On aura une petite ferme et l’on aura p’être ben un cochon et des poulets, et dans le champ un carré de luzerne pour les lapins. » Cette parole de Lennie dans Des souris et des hommes exprime mieux le rêve américain que n’importe quelle série télévisée actuelle importée sur nos écrans par ce bon vieil Oncle Sam. Les raisins de la colère, œuvre phare de Steinbeck, pour laquelle il remporta d’ailleurs le Prix Pulitzer en 1940, et La Perle, court roman de 1947, témoignent de ce rêve légendaire. Ils racontent l’histoire de populations rurales soumises à des conditions de vie difficiles qui poursuivent leur quête de « la terre promise ». Au fil de ces récits, le clivage entre riches et pauvres se creuse et, le livre terminé, le lecteur garde en bouche le goût amer laissé par de terribles désillusions.

Un écrivain hors de son temps

Ecrivain altruiste et humain, John Steinbeck a consacré sa vie à raconter le quotidien des gens en toute simplicité. C’est sans doute la raison pour laquelle son œuvre, souffrant de sa réputation d’auteur de l’élémentaire et de peintre naïf,  peut échapper encore aujourd’hui à une analyse sérieuse, contrairement à ses contemporains William Faulkner et Ernest Hemingway. Steinbeck, ce paysan corrompu par la ville, a pourtant atteint la gloire en se cantonnant à la description méticuleuse de la réalité. On lui aura souvent attribué l’étiquette d’« écrivain engagé » mais il est avant tout un homme éloigné de son époque et en incompréhension totale vis-à-vis du monde moderne qui l’entoure. Il va sans dire que la justesse et l’authenticité de ses histoires auront fait de lui le maître incontestable du roman régionaliste américain !

 

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