L'auteur du mois : Guy de Maupassant

dans Auteurs, publié le 04/07/2013

Voilà 120 ans que Guy de Maupassant est décédé alors qu’il n’avait que 43 ans. Il est donc temps de revenir sur la vie de cet homme qui excellait dans les formes littéraires courtes. Considéré comme l’un des écrivains les plus lus de son époque, il est l’auteur de près de 300 contes et nouvelles, 200 chroniques et de 6 romans, écrits en moins de 20 ans ! Conscient de cette entrée en fanfare dans le champ littéraire, il a confié à Heredia (poète français) « [qu’il était] entré dans la littérature comme un météore [et qu’il en] sortirai[t] comme un coup de foudre. » Analysons donc la trajectoire de cette étoile filante.

 

Une enfance à la campagne

Guy de Maupassant est né en 1850 dans une famille issue de la bourgeoisie normande, d’une mère très cultivée et d’un père agent de change qui, à la suite d’un divorce, a quitté sa famille. Il passa sa jeunesse à la campagne, profitant de la nature et de ses grands espaces verts. C’est à l’extérieur qu’il se sentait libre et le plus heureux. Enfant turbulent qui avait en horreur d’être enfermé, il fugua de l’école à de nombreuses reprises et n’hésita pas à écrire des textes satiriques sur ses professeurs. Cela lui vaudra notamment d’être renvoyé du lycée.

 

Un talent à cultiver

Il découvrit sa passion pour l’écriture assez jeune et eut pour maitre l’illustre Gustave Flaubert, qui était un ami de sa mère. Celui-ci relisait les textes du jeune Maupassant et les lui faisait corriger jusqu’à ce qu’ils soient parfaits. Flaubert l’incitait par ailleurs à être patient et l’encourageait à ne se lancer en littérature que lorsqu’il serait vraiment prêt. Il dut attendre de nombreuses années puisque son premier succès littéraire, Boule de suif, date de 1880. Nous ne pouvons que lui en être reconnaissants puisque ce travail acharné a donné naissance à une écriture limpide, qui va droit à l’essentiel, comme il en existe très peu. À travers ses écrits, Maupassant désirait créer une nouvelle forme de littérature plus objective que celle proposée par le réalisme qui était encore, selon lui, trop porteuse des idées et des marques de l’auteur.

 

Une thématique obsédante

Sa vie entière fut marquée par une angoisse obsédante : celle de la folie. Bien plus qu’une simple thématique littéraire, elle faisait partie de la vie de l’auteur. Par ailleurs, alors qu’il n’avait que 27 ans, il contracta la syphilis probablement au cours d’une de ses nombreuses aventures. Il faut dire que Maupassant avait une sexualité assez débridée puisqu’il se vantait d’avoir eu au cours de sa vie pas moins d’une centaine de liaisons ! Vous l’aurez compris, il était réfractaire à toute idée d’engagement. Pour lui, « le mariage c’est un échange de mauvaise humeur le jour et de mauvaises odeurs la nuit » (Mademoiselle Fifi, 1882) !

 

Malheureusement sa santé mentale déclina avant ses 30 ans et peu à peu il eut des hallucinations. Celles-ci eurent raison de lui et il tomba dans la folie. Il avait la sensation d’être en permanence poursuivi par une présence hostile, ce qui transparait dans la nouvelle Le Horla. Alors qu’enfant il détestait les endroits clos, Maupassant s’est enfermé à la fin de sa vie dans sa maison où il développa une haine de la société et devint obsédé par la mort. Son état dépressif empirait de jour en jour et il décida de mettre fin à ses jours. Malheureusement sa tentative de suicide fut un échec et il fut interné. Il passa ses derniers jours, totalement paralysé, et mourut en 1893 à l’âge de 43 ans.    

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