Auteur du mois : Albert Camus

dans Auteurs, publié le 05/11/2013

LePetitLittéraire rend aujourd’hui hommage à Albert Camus. Ce grand auteur est né le 7 novembre 1913, il y a tout juste 100 ans, et ce serait absurde de ne pas fêter ça !

L’Étranger, La Chute, Caligula, Le Mythe de Sisyphe qui présente le héros absurde par excellence, le roman La Peste qui fut le premier succès en librairie de Camus… ces œuvres ne vous sont probablement pas inconnues. Revenons un peu sur la vie de cet « homme révolté ».

Enfance en Algérie dans une famille pauvre

Albert Camus est un « pied noir » comme tous les Français nés en Algérie à l’époque. Il est orphelin de père très tôt : après la bataille de la Marne, son père est transporté à l’hôpital militaire et il décède des suites de ses blessures en 1914. Camus est élevé par sa grand-mère chez laquelle il habitait déjà avant la mort de son père. En effet, sa mère s’y était installée avant même le départ de son mari à l’armée.

Il fait ses études à Alger. À l’école communale, il est remarqué par son instituteur, Louis Germain, qui l’inscrit en 1924 sur la liste des candidats aux bourses. Camus a toujours eu de la reconnaissance pour Germain et il lui dédiera par ailleurs son discours du Prix Nobel de littérature. Finalement, il est reçu au lycée Bugeaud, il a honte de sa pauvreté et de sa famille : « auparavant, tout le monde était comme moi et la pauvreté me paraissait l’air même de ce monde. Au lycée je connus la comparaison ».  C’est à cette époque qu’il commence le football mais il doit rapidement arrêter car, en 1930, les médecins lui diagnostiquent une tuberculose. En 1934, il épouse Simone Hié dont il se sépare deux ans plus tard : « J’ai envie de me marier, de me suicider, ou de m’abonner à l’Illustration. Un geste désespéré, quoi… ».

Écrivain et intellectuel engagé

Cette période est celle des débuts littéraires de Camus. En 1935, il commence l’écriture de L’Envers et l’Endroit qui sera publié deux ans plus tard. Cette même année, il adhère au  Parti communiste algérien, dans lequel il ne restera pas plus de deux ans. En 1940, il épouse Francine Faure et le couple s’installe à Paris. L’Étranger est édité par Gallimard en 1942 grâce au soutien d’André Malraux et Le Mythe de Sisyphe  est publié la même année.

Bien que Camus ait rejoint le Parti communiste ― il le quitte très rapidement ceci dit ― il n’appartient à aucune famille politique déterminée. Camus, intellectuel engagé, proteste contre les inégalités qui frappent les musulmans d’Afrique du Nord, contre la caricature du pied noir exploiteur, en faveur des Espagnols exilés antifascistes et des victimes du stalinisme. En 1943, il prend la direction du Combat. Le 8 août 1945, il dénonce l’usage de la bombe atomique deux jours après le bombardement d’Hiroshima : « le monde est ce qu'il est, c'est-à-dire peu de chose. C'est ce que chacun sait depuis hier grâce au formidable concert que la radio, les journaux et les agences d'information viennent de déclencher au sujet de la bombe atomique. On nous apprend, en effet, au milieu d'une foule de commentaires enthousiastes que n'importe quelle ville d'importance moyenne peut être totalement rasée par une bombe de la grosseur d'un ballon de football. […] Nous nous résumerons en une phrase : la civilisation mécanique vient de parvenir à son dernier degré de sauvagerie. Il va falloir choisir, dans un avenir plus ou moins proche, entre le suicide collectif ou l’utilisation intelligente des conquêtes scientifique. » (Éditorial de Combat, 8 août 1945).

La philosophie de l’absurde

« L’homme est la seule créature qui refuse d’être ce qu’elle est » (L’Homme révolté). La philosophie de Camus est celle d’un humanisme fondé sur la prise de conscience  de l’absurdité de la condition humaine : « l’absurde, c’est la raison lucide qui constate ses limites » (Le Mythe de Sisyphe). Camus préconise la révolte comme réponse à l’absurde, révolte qui conduit à l’action et donne un sens au monde et à l’existence. La révolte, c’est accepter la fatalité et l’affronter néanmoins, c’est le condamné à mort qui refuse le suicide. Sisyphe est reconnu comme étant le héros absurde par excellence : « la lutte elle-même vers les sommets suffit à remplir un cœur d’homme. Il faut imaginer Sisyphe heureux ».

Albert Camus reçoit le Prix Nobel de littérature en 1957. Il est tué dans un accident de voiture avec son ami Michel Gallimard (neveu de l’éditeur Gaston) en 1960 alors qu’il est seulement âgé de 46 ans.

 

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